L'ancienne militante de la Fraction armée rouge (RAF) Daniela Klette a été condamnée à treize ans de prison par un tribunal allemand pour une série de braquages perpétrés entre 1999 et 2016, alors qu'elle se cachait sous une fausse identité pendant plus de trois décennies. Le verdict, rendu le 27 mai 2026, marque un épilogue judiciaire majeur dans la traque des derniers membres de la seconde génération de la RAF.

Un parcours criminel après la disparition de la RAF

À l'origine, la Fraction armée rouge était un groupe d'extrême gauche issu du mouvement étudiant de la fin des années 1960 en Allemagne de l'Ouest. Active sous sa forme la plus violente dans les années 1970, l'organisation a revendiqué plusieurs assassinats et attentats. Daniela Klette y aurait participé dans les années 1980, mais c'est après la dissolution officielle du groupe en 1998 qu'elle continua ses activités illégales, essentiellement des braquages de banques et de fourgons blindés. Ces vols, commis avec d'autres anciens membres de la RAF, n'étaient plus guidés par un mobile politique mais visaient à financer la clandestinité des ex-guérilleros, selon les enquêteurs.

Les faits pour lesquels elle a été jugée se sont déroulés principalement dans le nord de l'Allemagne, notamment à Brême, Osnabrück et Wolfsburg. Les armes utilisées étaient parfois des pistolets-mitrailleurs, ce qui a valu à l'accusation des chefs de tentative d'homicide. Le procès, qui a duré plusieurs mois, a entendu de nombreux témoins, dont des victimes des braquages qui ont décrit la violence des attaques.

Une traque de trois décennies

Daniela Klette est restée en cavale pendant plus de trente ans, vivant sous une identité d'emprunt en Allemagne même. Sa traque constituait l’un des derniers grands mystères judiciaires de l'Allemagne contemporaine. Elle a finalement été interpellée en février 2024 dans un appartement de Berlin, où elle menait une vie apparemment paisible. Les enquêteurs ont alors découvert des armes et plusieurs centaines de milliers d'euros provenant des braquages.

Lors du procès, la défense avait plaidé que les faits étaient prescrits pour certains vols et que sa cliente n'était plus dangereuse. Le parquet a insisté sur le caractère violent des attaques, qui pouvaient avoir des conséquences mortelles pour les convoyeurs de fonds. Le tribunal a suivi les réquisitions en prononçant une peine de treize ans de réclusion, assortie d'une période de sûreté pour les faits les plus graves.

Une page de l'histoire allemande

Cette condamnation clôt un chapitre important de l'histoire judiciaire et politique allemande. La RAF, qui a fait 34 morts entre 1970 et 1993, reste un traumatisme pour une partie de l'opinion. Les années 2000 ont vu une série de procès contre d'anciens membres, comme Andreas Baader ou Ulrike Meinhof – décédés avant jugement –, ou encore Christian Klar, condamné à la prison à vie. La procédure contre Daniela Klette est la dernière en date à avoir abouti, car les autres fugitifs de la deuxième génération, comme Ernst-Volker Staub et Burkhard Garweg, sont toujours activement recherchés. Leur cavale a été alimentée par les mêmes braquages pour lesquels Klette vient d'être condamnée.

Le verdict, qui peut encore faire l'objet d'un pourvoi en révision, met un point final à la carrière criminelle de l'une des dernières représentantes de cette mouvance armée.