Le nombre de personnes ayant reçu un passeport allemand a atteint un niveau historique en 2025, avec au moins 309 852 naturalisations recensées, selon des données compilées par un hebdomadaire allemand. Ce chiffre dépasse le précédent record de 291 955 acquisitions enregistré en 2024.

Les statistiques, fondées sur les données communiquées par 14 des 16 Länder allemands, excluent encore les retours des États de Mecklembourg-Poméranie-Occidentale et de Saxe-Anhalt. Les États de Basse-Saxe, de Sarre et du Schleswig-Holstein n’ont pas non plus fourni de données complètes, bien que la quasi-totalité des villes et districts de ces régions aient transmis leurs chiffres. L’hebdomadaire précise que certaines données sont encore préliminaires.

Des naturalisations en hausse depuis la réforme de 2024

Cette progression s’inscrit dans la tendance observée depuis l’entrée en vigueur, en juin 2024, de la réforme du droit de la nationalité allemande. Celle-ci a assoupli les conditions d’accès à la citoyenneté en autorisant la binationalité et en réduisant le délai de résidence obligatoire de huit à cinq ans. En 2024, le nombre de passeports délivrés avait bondi de 46 % par rapport à l’année précédente. L’augmentation constatée en 2025 par rapport à 2024 est plus modeste, de l’ordre de 6 %.

En 2024, 28 % des nouveaux citoyens allemands étaient originaires de Syrie, suivis par les personnes de nationalité turque.

Préparatifs pour une nouvelle hausse attendue en 2027

Plusieurs municipalités indiquent que les demandes de naturalisation ralentissent actuellement, mais certaines se préparent à une nouvelle augmentation à partir de 2026, lorsque les nombreux Ukrainiens arrivés en Allemagne après le début de la guerre dans leur pays atteindront la durée de résidence requise.

Un porte-parole de la région d’Aurich, dans le nord de l’Allemagne, a déclaré que les premières grandes vagues de réfugiés ukrainiens étant arrivées au début de l’année 2022, beaucoup d’entre eux auront passé cinq ans sur le territoire d’ici le printemps 2027. Alors que le statut de protection collective accordé aux Ukrainiens expirera en mars 2027, ce responsable estime que « beaucoup utiliseront probablement le délai réduit de cinq ans pour obtenir la citoyenneté » afin de sécuriser leur situation juridique.

Il a également souligné que les réfugiés ukrainiens, contrairement à de nombreux demandeurs d’asile arrivés lors de la crise migratoire de 2015-2016, ont bénéficié « d’avantages structurels considérables », notamment l’autorisation d’accéder immédiatement à un emploi et l’obtention d’un statut de résident à part entière.