Abd-Rabbu Mansour Hadi, qui a occupé la présidence du Yémen de 2012 à 2022 avant de vivre en exil, est mort le 28 mai à son domicile de Riyad, la capitale saoudienne. Il était âgé de 80 ans. La télévision d’État yéménite a annoncé son décès sans en préciser les circonstances, tandis que des informations locales évoquent une crise cardiaque.
Le gouvernement internationalement reconnu, basé dans la ville d’Aden, a décrété trois jours de deuil national. Hadi, bien que longtemps absent de son pays, avait conservé un titre honorifique jusqu’à sa démission en 2022. Son autorité, largement contestée sur le terrain, n’avait jamais réussi à s’imposer face aux rebelles houthis qui contrôlent la capitale historique, Sanaa, depuis 2014.
Un parcours marqué par l’instabilité
Ancien général de l’armée yéménite, Hadi accède à la présidence en février 2012 à l’issue d’un scrutin dont il était l’unique candidat, recueillant 99 % des suffrages. Dès les premières heures suivant son investiture à Sanaa, un attentat suicide attribué à Al-Qaida dans le port d’Al Mukalla fait au moins 26 morts, inaugurant une série de défis sécuritaires qui ne feront que s’aggraver.
Soutenu financièrement et militairement par les États-Unis et l’Arabie saoudite, Hadi n’a jamais réussi à stabiliser le pays. La guerre civile, entamée en 2014 entre son camp et les Houthis, l’a contraint à fuir en exil en 2015, d’abord à Aden puis à Riyad, d’où il a dirigé un gouvernement en exil sans véritable emprise sur le territoire.
Un héritage contrasté
Pendant son mandat, Hadi a été perçu comme un dirigeant inefficace, n’ayant ni l’autorité ni les moyens de rassembler un pays fracturé. La crise humanitaire, devenue l’une des plus graves au monde, s’est aggravée sous sa présidence, tandis que les Houthis consolidaient leur emprise sur le nord du pays. Sa démission en avril 2022 a officialisé la fin d’une présidence largement symbolique, le Conseil présidentiel de direction lui succédant.
Sa mort en exil, loin des siens, ne suscite pas d’émotion populaire notable dans un Yémen toujours en guerre. Les analystes soulignent qu’il laisse derrière lui un pays plus divisé que jamais, en proie à une guerre par procuration entre puissances régionales.
Les autorités d’Aden ont annoncé des cérémonies officielles, mais le corps de l’ancien président ne devrait pas être rapatrié au Yémen à court terme, selon des sources proches du gouvernement.