Les plateformes de vente de seconde main telles que Vinted, Leboncoin ou Marketplace sont le théâtre d'une arnaque récurrente exploitant le système de paiement PayPal. Le stratagème, qui se déroule en plusieurs actes, vise à convaincre le vendeur que des frais doivent être avancés pour débloquer un prétendu paiement de l'acheteur.

Un scénario d'arnaque en trois temps

L'escroc se fait d'abord passer pour un acheteur sérieux : il manifeste un intérêt réel pour l'objet et annonce un règlement immédiat via PayPal. Peu après, le vendeur reçoit un message ou un courriel suggérant que le paiement est en attente et que des frais (20, 30 ou 50 euros) doivent être réglés pour finaliser la transaction. Pour accréditer le message, les fraudeurs imitent les codes visuels et les formulations de PayPal.

Persuadé que l'argent de la vente est bloqué et qu'il suffit d'une formalité administrative pour le libérer, le vendeur effectue le paiement demandé. Mais l'escroc ne s'arrête pas là : il peut revenir à la charge en invoquant une « vérification incomplète », un « paiement suspendu » ou un « contrôle de sécurité supplémentaire », poussant la victime à verser de nouvelles sommes dans l'espoir de récupérer l'argent déjà avancé.

Comment distinguer les vrais frais PayPal des faux

PayPal facture effectivement des frais – sur les paiements « biens et services », les transactions internationales ou les conversions de devises – mais ces montants sont automatiquement déduits du compte PayPal du vendeur ou pris en charge par l'acheteur. Ils apparaissent dans l'historique du compte. Aucune demande de paiement séparé pour débloquer une somme n'est légitime, insiste François Duvar, expert en cybersécurité cité par les sources.

Le seul geste fiable, selon lui, est de vérifier la transaction en ouvrant directement son compte PayPal depuis l'application officielle ou le site, sans cliquer sur un lien présent dans un courriel ou un SMS. Si le paiement n'apparaît pas dans le solde, il n'existe tout simplement pas.

Ampleur du phénomène et mécanisme psychologique

Ce type d'arnaque intervient dans un environnement où la méfiance est pourtant de mise. D'après le Crédoc, 73 % des internautes ont été confrontés à une tentative d'arnaque ou de fraude sur internet en 2025, et 39 % déclarent en avoir déjà été victimes. L'hameçonnage reste la menace la plus signalée sur le portail Cybermalveillance.gouv.fr, représentant 32,9 % des demandes d'assistance.

Les plateformes de seconde main sont particulièrement vulnérables en raison de l'anonymat relatif des interlocuteurs et de la rapidité des échanges. Le fraudeur entretient un sentiment d'urgence et d'espoir : plus la victime a déjà payé, plus elle veut croire que la transaction aboutira, une pression psychologique que les experts appellent le « coût irrécupérable ». Le préjudice peut ainsi rapidement dépasser les premiers frais annoncés.

Recommandations pour les vendeurs

Les autorités et les experts en sécurité recommandent aux vendeurs de ne jamais effectuer de paiement pour débloquer un virement, de toujours vérifier l'état de leur compte PayPal via le site officiel, et de signaler toute tentative suspecte aux plateformes concernées ainsi qu'à la plateforme Cybermalveillance.gouv.fr. En cas de doute, il convient de cesser immédiatement toute communication avec le prétendu acheteur.