Alors que des millions de musulmans s’apprêtent à célébrer l’Aïd al-Adha, fête marquée par le sacrifice d’un mouton, de nombreuses familles nigérianes peinent à se procurer l’animal. Dans un marché aux moutons au Nigeria, Sadaatu Madaki, entrepreneur et défenseure des droits humains, a décrit une situation critique où le prix des moutons a grimpé bien au-delà des moyens des citoyens ordinaires.
Insécurité et violences sur les routes d’approvisionnement
Selon elle, l’insécurité grandissante et les violences qui frappent le pays perturbent gravement l’approvisionnement en bétail. Les éleveurs et commerçants qui acheminent les moutons vers les marchés urbains sont confrontés à des risques d’enlèvement et d’attaques sur les routes traditionnellement empruntées pour le transport du bétail. Cette situation a contribué à une raréfaction de l’offre, faisant exploser les prix.
Un symbole religieux devenu inaccessible
Pour les familles nigérianes, le mouton est un élément central de la célébration de l’Aïd, rappelant le sacrifice d’Abraham. Mais désormais, pour beaucoup, cet achat relève du luxe. Madaki, qui suit de près les droits des éleveurs et des communautés rurales, souligne que la conjonction de la violence criminelle et de l’inflation rend la fête de plus en plus difficile à vivre.
Des conséquences économiques et sociales
Au-delà de l’aspect religieux, la flambée des prix des moutons affecte toute une économie informelle. Les petits commerçants, qui dépendent de la vente de bétail pendant cette période, voient leurs revenus diminuer alors que les clients se font plus rares. Les familles qui renoncent à l’achat d’un mouton doivent souvent se contenter de célébrations plus modestes, ce qui alimente un sentiment de privation dans un contexte déjà marqué par une grave crise du coût de la vie.
La situation décrite par Sadaatu Madaki illustre les défis auxquels le Nigeria est confronté, entre insécurité chronique, fragilité des routes commerciales et pression inflationniste, transformant une tradition ancestrale en casse-tête pour des millions de foyers.