Le 25 mai 2026, un rapport accablant du coroner chargé de l’enquête sur la mort de Yolanda Saldana Feliz a été rendu public. Cette femme de nationalité dominicaine a été poignardée à quarante reprises en 2022 par Miguel Angel Florentino, l’ex-époux de sa fille Lauris Saldana. Le coroner Graeme Irvine a estimé que ce décès, qualifié d’homicide illégal, était évitable si la police métropolitaine de Londres avait pris au sérieux les demandes d’aide répétées de Lauris Saldana. Ce constat intervient alors que les autorités locales et nationales sont sommées de réformer leurs procédures en matière de violences conjugales et de harcèlement.

Des appels à l’aide restés sans réponse

Lauris Saldana, aujourd’hui marquée de cicatrices visibles sur le visage, le cou, les bras et les mains – sans parler de celles dissimulées sous ses vêtements –, a raconté avoir « supplié qu’on l’aide » avec des preuves tangibles que son ex-mari était un harceleur violent. Mais ses courriels adressés à la Metropolitan Police sont restés sans réponse. Elle a déclaré : « Je ne suis même plus la moitié de ce que j’étais avant l’attaque. » Sa mère, qu’elle surnomme sa « superhéroïne », a été mortellement atteinte en tentant de la protéger. Le rapport du coroner souligne que si les forces de l’ordre étaient intervenues plus tôt, Yolanda serait probablement encore en vie.

Un rapport de prévention adressé aux plus hautes autorités

Le coroner Graeme Irvine a adressé ce début du mois de mai 2026 une lettre officielle – intitulée « prévention de futurs décès » – au ministre de l’Intérieur, au maire de Londres et au commissaire de la Metropolitan Police, Mark Rowley. Ce document liste une série de défaillances graves commises par les agents chargés du dossier. Il exige des réponses sous un délai déterminé sur les mesures qui seront prises pour éviter qu’un tel drame se reproduise. La publication de ce rapport intervient alors que la police londonienne est déjà sous le feu des critiques pour sa gestion des violences faites aux femmes et des affaires de harcèlement.

Un drame aux répercussions nationales

L’affaire Yolanda Saldana Feliz a provoqué une onde de choc au Royaume-Uni. Elle illustre, selon les associations de défense des victimes, les lacunes systémiques du dispositif de protection contre les harceleurs et les conjoints violents. De nombreuses voix s’élèvent pour réclamer une refonte en profondeur des protocoles d’évaluation des risques et de suivi des plaintes. Les proches de la victime, par la voix de Lauris Saldana, espèrent que ce rapport de prévention de futures morts contraindra les autorités à agir concrètement. Le gouvernement et la Metropolitan Police n’ont pas encore rendu publique leur réponse officielle au courrier du coroner, mais des consultations internes sont en cours.

Des faits qui rappellent d’autres échecs

Ce drame n’est pas isolé. Plusieurs enquêtes récentes ont mis en lumière les failles des forces de l’ordre britanniques face aux violences domestiques. La mort de Yolanda Saldana Feliz vient s’ajouter à une longue liste de cas où les appels à l’aide de femmes victimes de harcèlement et de violences n’ont pas été entendus à temps. Le rapport du coroner Graeme Irvine pourrait constituer un tournant dans la prise de conscience nationale sur l’urgence de mieux former et doter les services de police pour qu’ils prennent au sérieux toute menace proférée par un ex-partenaire violent.