À l'approche de la Coupe du monde 2026, qui doit drainer des centaines de milliers de visiteurs supplémentaires, l'aéroport international de Los Angeles (LAX) conserve sa réputation redoutable de cauchemar logistique. Alors que la compétition s'annonce comme le plus grand événement jamais organisé conjointement par les États-Unis, le Canada et le Mexique, les autorités aéroportuaires sont sous pression pour améliorer l'expérience des passagers.

Un accès routier saturé

L'arrivée à LAX par la route reste un exercice de patience. Les célèbres boucles d'accès – surnommées « les horseshoes » – sont régulièrement paralysées par des embouteillages monstres, surtout aux heures de pointe et les jours de grand départ. Les conducteurs perdent fréquemment entre 30 et 60 minutes rien que pour parcourir les derniers kilomètres avant le terminal. Cette congestion est aggravée par les travaux permanents du projet de train automatique « LAX Automated People Mover » (APM), qui bloquent des voies de circulation et modifient sans cesse les accès temporaires.

Une navette aléatoire et des VTC repoussés aux confins

Pour les voyageurs qui déposent ou récupèrent des proches, ou qui utilisent les navettes gratuites de liaison entre parkings et terminaux, le système « LAX Shuttle » est jugé peu fiable. Les bus, bien que fréquents, sont souvent bondés et leurs tracés peu intuitifs pour les novices. De plus, les VTC (Uber, Lyft) ne sont plus autorisés à accoster directement devant les terminaux : ils doivent déposer et prendre leurs clients dans une zone dédiée, la « LAX-it », accessible via des navettes spéciales. Cette mesure, censée fluidifier le trafic, provoque de longues files d'attente et des temps de trajet supplémentaires, en particulier aux heures de forte affluence.

Le train automatique toujours reporté

Le projet phare de désengorgement, le train automatisé APM censé relier les terminaux, les parkings et la station de métro de la ligne C, est lui-même source de frustrations. Prévu initialement pour 2023, il a subi plusieurs retards et reports successifs. Selon les responsables, son inauguration est désormais espérée pour la fin de l'année 2025, soit juste avant la Coupe du monde. Le chantier est colossal : il comprend six stations, des kilomètres de viaducs et une connexion avec le système de transport en commun de Los Angeles. En attendant, les piétons et les voyageurs doivent jongler avec des chemins de détour et des services de bus temporaires.

Des conseils pour survivre à LAX

Face à ce contexte chaotique, les habitués et les guides de voyage distillent quelques astuces. Arriver au moins quatre heures avant le vol pour les vols internationaux, et trois pour les vols domestiques, est recommandé. L'utilisation du service de réservation de stationnement en ligne (parking réservé) permet de gagner un peu de temps. Pour les départs, il est préférable d'être déposé dans les terminaux à des horaires décalés. Enfin, se renseigner en temps réel sur l'état du trafic via des applications mobiles est indispensable.

L'enjeu du Mondial 2026

La Coupe du monde 2026, qui se déroulera de la mi-juin à la mi-juillet, devrait voir affluer des centaines de milliers de supporters étrangers, majoritairement via LAX. L'aéroport est la principale porte d'entrée de la région de Los Angeles, qui accueillera plusieurs matches, dont la finale au SoFi Stadium d'Inglewood. Les autorités ont multiplié les annonces sur les efforts d'amélioration, mais les voyageurs restent sceptiques. Entre les bouchons, les navettes confuses et le train fantôme, LAX garde sa réputation d'« aéroport de l'enfer », un surnom que la ville espère voir s'effacer avant le coup d'envoi du Mondial.