La conférence de presse du printemps 2026 pour l'exposition du Costume Institute du Metropolitan Museum of Art avait des airs de cour de Versailles, selon des témoins. Anna Wintour, rédactrice en chef de Vogue et organisatrice du Met Gala, y a présenté Lauren Sánchez Bezos comme une « force de joie », ajoutant que « son mari, Jeff, et elle ont montré avec cet événement qu'ils se soucient sincèrement de redonner à la communauté ».
Pourtant, à l'extérieur du musée, des protestations contre l'implication du couple Bezos faisaient rage depuis plusieurs jours. Des activistes et une partie du public critiquent le rapprochement entre le monde de la mode et les grandes entreprises technologiques, en particulier Amazon, dirigé par Jeff Bezos.
Un gala sous tension
Le Met Gala 2026 a été marqué par la présence de Jeff Bezos et de son épouse, Lauren Sánchez Bezos, en tant que mécènes. Anna Wintour a salué leur soutien financier et leur implication. Cependant, plusieurs voix dans l'industrie de la mode s'interrogent sur cette alliance, y voyant une mainmise croissante des géants de la technologie sur un secteur traditionnellement indépendant.
Le parallèle avec le film « Le Diable s'habille en Prada » a été évoqué, certains observateurs parlant désormais du « diable qui possède Amazon » pour décrire l'influence de Jeff Bezos sur la scène fashion. La métaphore fait référence à Miranda Priestly, la rédactrice tyrannique incarnée par Meryl Streep, et suggère que le pouvoir de la mode est désormais aux mains des milliardaires de la tech.
Réactions mitigées dans le milieu
Des initiés de la mode, cités par des sources proches, expriment leur malaise face à cette infiltration. « L'événement était magnifique, mais il y avait un décalage frappant entre le faste intérieur et la colère extérieure », confie un invité sous couvert d'anonymat. Un autre observateur note que « la mode a toujours courtisé l'argent, mais jamais à ce point. Le Met Gala était le dernier bastion de l'exclusivité artistique ; aujourd'hui, il ressemble à une opération de relations publiques pour Amazon. »
Les manifestants, quant à eux, dénoncent les pratiques fiscales et sociales d'Amazon, ainsi que l'impact environnemental de l'entreprise. Ils estiment que le mécénat des Bezos ne saurait faire oublier les controverses liées au géant du commerce en ligne.
Une question d'éthique
L'événement relance le débat sur l'indépendance de la mode face aux grands groupes. Jusqu'où les maisons de couture et les institutions culturelles sont-elles prêtes à accepter l'argent des grandes entreprises technologiques ? Certains craignent une uniformisation des discours et une perte de l'esprit critique.
Anna Wintour, qui a toujours défendu le mécénat comme nécessaire à la survie du Met Gala, n'a pas commenté les protestations. Jeff Bezos et Lauren Sánchez Bezos n'ont pas non plus répondu aux critiques.
Vers une révolte ?
L'avenir dira si les acteurs de la mode organiseront une révolte contre cette mainmise. Pour l'instant, le Met Gala reste un événement incontournable, mais les tensions montrent que l'alliance entre big tech et haute couture pourrait ne pas être acceptée par tous.