À moins de 48 heures du début de Roland-Garros, un vent de contestation souffle sur la Porte d'Auteuil. Les meilleurs joueurs et joueuses de tennis, menés par Novak Djokovic, Coco Gauff, Aryna Sabalenka et Jannik Sinner, ont organisé une action de protestation inédite. Selon des informations concordantes, ces stars prévoient de quitter leurs conférences de presse quinze minutes plus tôt que prévu et de refuser toute interview avec certains diffuseurs, dont TNT Sports et Eurosport. Leur mécontentement porte sur la part des revenus qui leur est allouée, jugée trop faible.
Une répartition des revenus jugée inéquitable
Au cœur du conflit, un pourcentage : les joueurs estiment ne recevoir que 14,9 % des revenus générés par le tournoi. Un seuil qu'ils jugent insuffisant au regard de leur contribution au spectacle. « Sans nous, il n'y aurait pas de tournoi ni de spectacle. Nous méritons amplement une meilleure rémunération. Je pense qu'à un moment donné, nous boycotterons le tournoi. C'est à mon avis le seul moyen de défendre nos droits », a déclaré Aryna Sabalenka il y a deux semaines. Le numéro un mondial, Novak Djokovic, a renchéri : « C'est surtout une question de respect. Parce que je pense qu'on donne bien plus qu'on ne reçoit en retour. »
Les dix meilleurs joueurs et joueuses du circuit réclament une part de 22 % des revenus des tournois du Grand Chelem. Au-delà de la simple revalorisation salariale, le groupe milite pour une meilleure prise en compte de leur bien-être et une représentation accrue dans les décisions des organisateurs. Ils demandent notamment la création d'un Conseil des joueurs du Grand Chelem, qui leur donnerait un droit de regard sur les projets des Majeurs.
La Fédération française de tennis tente d'apaiser
Face à cette fronde, la Fédération française de tennis (FFT) a réagi par la voix d'un porte-parole : « Nous regrettons la décision des joueurs, qui impacte tous les acteurs du tournoi : les médias, les diffuseurs, la FFT et toute la communauté du tennis, qui suivent chaque édition de Roland-Garros avec un grand enthousiasme. » Le communiqué ajoute que la FFT « reconnaît l'importance de la contribution des joueurs au succès du tournoi et souhaite maintenir des liens étroits avec eux. »
Pour tenter de désamorcer la crise, une réunion a été organisée ce vendredi 22 mai. Le président de la FFT, Gilles Moretton, ainsi que la directrice du tournoi, Amélie Mauresmo, et Larry Scott, ancien directeur général de la WTA, doivent y participer. Des discussions avec des représentants de Wimbledon et de l'US Open sont également prévues, signe que le mouvement dépasse le seul cadre parisien.
Un précédent sur le circuit
Cette protestation s'inscrit dans un contexte plus large de tensions entre les joueurs et les instances dirigeantes du tennis. Ces derniers mois, plusieurs voix se sont élevées pour dénoncer un calendrier surchargé, une rémunération jugée insuffisante dans les tournois secondaires et un manque de considération de la part des organisateurs des Majeurs. Si Roland-Garros sert de catalyseur, le mouvement pourrait rapidement s'étendre aux autres tournois du Grand Chelem, à commencer par Wimbledon en juillet.
En attendant, les regards sont tournés vers ce vendredi 22 mai : la réunion entre la FFT et les représentants des joueurs est perçue comme un test décisif. De son issue dépendra la suite de la mobilisation, et peut-être l'organisation des prochains Majeurs.