Le gouvernement passe à la vitesse supérieure sur la préparation du budget 2027. Bercy a missionné quatre économistes de renom pour établir un diagnostic et formuler des propositions de réduction du déficit public à l'horizon 2030. Leurs travaux doivent débuter dans les prochains jours et aboutir à un premier rapport dès le mois de juillet.

Une mission de cadrage budgétaire

Ces experts auront pour tâche d’analyser l’évolution des finances publiques et de dégager des scénarios crédibles de redressement. Leur feuille de route s’inscrit dans la préparation du budget 2027, dont les débats s’ouvriront avant la fin de l’année. L’objectif affiché est d’identifier les leviers d’économies et de recettes nécessaires pour ramener le déficit sous la barre des 3 % du PIB, un engagement européen que la France peine à tenir.

Les quatre économistes

Les personnalités choisies par le ministère de l’Économie et des Finances sont issues de différents horizons académiques et institutionnels. Il s’agit de Pierre Albouy, économiste à l'OFCE, spécialiste des finances publiques et des retraites ; Marie-Élisabeth Demailly, membre du Conseil d'analyse économique et experte en politiques fiscales ; Antoine Bozio, directeur de l'Institut des politiques publiques (IPP), reconnu pour ses travaux sur la fiscalité et la protection sociale ; et Stéphane Carcillo, chef du département des affaires économiques de l'OCDE, dont les recherches portent sur le marché du travail et les réformes structurelles.

Le quatuor devra travailler de manière indépendante, mais en lien étroit avec les services de Bercy, en particulier la direction du Trésor et la direction du budget.

Des propositions à court et moyen terme

Si la mission est centrée sur l’horizon 2030, les économistes devront également formuler des recommandations actionnables dès le prochain budget. Le gouvernement espère ainsi éviter les dérapages constatés ces dernières années, où les prévisions de déficit ont régulièrement été revues à la hausse. La trajectoire budgétaire actuelle prévoit un déficit public de 4,4 % du PIB en 2026, mais plusieurs observateurs jugent cet objectif déjà obsolète sans mesures correctives supplémentaires.

Les pistes explorées pourraient concerner à la fois la dépense publique — avec des coupes ciblées dans les niches fiscales ou les dépenses sociales — et les recettes, via une réforme de la fiscalité des entreprises ou des hausses d’impôts ciblées. Les économistes sont priés d’évaluer l’impact macroéconomique et social de chaque option.

Une reprise en main politique

Cette initiative intervient dans un contexte de tension budgétaire où le gouvernement cherche à crédibiliser sa parole auprès de Bruxelles et des marchés financiers. La nomination de ces experts vise aussi à dépolitiser un débat souvent clivant sur les moyens de résorber le déficit. Le ministère de l’Économie espère que leurs propositions, étayées par des modélisations robustes, permettront d’éclairer les choix du Parlement lors de l’examen du projet de loi de finances pour 2027.

Les économistes rendront leurs premières conclusions en juillet, avant un second temps de travail à l’automne qui nourrira directement la construction du budget. Le gouvernement promet une large diffusion de leurs rapports, afin d’associer les partenaires sociaux et les parlementaires à la réflexion.