Avec le retour des beaux jours et les épisodes de canicule qui frappent la France, les femmes sont davantage confrontées au harcèlement de rue. Regards insistants, remarques sexistes, gestes déplacés : ces agressions se multiplient dans l’espace public dès que les températures grimpent.
Une hausse de 30 % des signalements
L’application de signalement UMAY a observé une hausse de 30 % des alertes en juin 2025 par rapport aux mois précédents. Ce constat confirme une tendance déjà relevée les années passées : les périodes de canicule sont propices aux outrages sexistes.
« En hiver, on est moins dehors, donc moins exposées », explique Priscillia Routier, fondatrice de l’association The Sorority. Avec le retour des plages, des terrasses et des festivités, les lieux où se produisent ces violences s’étendent. « Dès qu’il y a une émulation, l’esprit à la fête, il va y avoir des comportements décuplés, des barrières psychologiques sautent et les violences ressurgissent », ajoute-t-elle.
Un constat partagé par les forces de l’ordre
Dans la police, le même constat est dressé. Bruno Bartocetti, secrétaire général de la zone de sécurité Sud, indique que « dans notre zone sud, la température est très haute et monte à l’esprit de certains déséquilibrés qui n’hésitent pas à faire des remarques sur des tenues, des tenues tout simplement de circonstances pour circuler sur une plage ou à côté ».
3 900 infractions en 2025, un chiffre sous-estimé
En 2025, les autorités ont enregistré 3 900 infractions pour outrage sexiste ou sexuel. Ce chiffre est toutefois considéré comme largement sous-estimé, car de nombreuses victimes n’osent pas porter plainte. Les associations rappellent que la parole se libère lentement et que les signalements via des applications comme UMAY permettent de mieux mesurer l’ampleur du phénomène.
Des comportements amplifiés par la chaleur et les rassemblements
Les experts interrogés soulignent que la combinaison de la chaleur et des rassemblements festifs crée un terreau favorable aux violences. « Plus il fait chaud, plus les gens sortent, plus ils sont nombreux dans les parcs, sur les plages, en terrasse », résume une source policière. Cette densité humaine, couplée à une consommation d’alcool parfois accrue, abaisse les inhibitions et favorise les comportements agressifs.
Des solutions pour endiguer le fléau
Face à cette situation, des initiatives émergent. À Caen, un habitant a inventé un sifflet « repousse relou » destiné à dissuader les harceleurs. L’objet, simple et peu coûteux, vise à donner aux femmes un moyen de réagir en cas d’agression. Par ailleurs, les campagnes de sensibilisation se multiplient, notamment sur les réseaux sociaux, pour rappeler que « la tenue n’est jamais une invitation ».
Les autorités appellent les victimes et les témoins à signaler systématiquement les outrages, que ce soit via les forces de l’ordre, les applications dédiées ou les numéros d’urgence. La lutte contre le harcèlement de rue reste un combat quotidien, qui s’intensifie avec la canicule.