La préfecture de police de Paris a annoncé mardi 26 mai des restrictions de circulation en Île-de-France pour la journée du mercredi 27 mai, en raison d’un épisode de pollution à l’ozone qui persiste sur la région. La mesure vise à réduire les émissions de polluants alors qu’une vague de chaleur précoce, qualifiée de canicule, traverse le pays.

Des limitations de vitesse renforcées

Concrètement, la vitesse maximale autorisée est réduite de 20 km/h sur les tronçons habituellement limités à 130 km/h, 110 km/h et 90 km/h, et de 10 km/h sur les routes nationales et départementales limitées à 80 km/h. Les poids lourds de plus de 3,5 tonnes sont invités à contourner Paris par la rocade francilienne. La préfecture recommande également de limiter, dans la mesure du possible, les déplacements en voiture et, en cas de nécessité, de pratiquer le covoiturage.

Un contexte de chaleur exceptionnelle

Cette décision intervient alors que la France connaît un épisode caniculaire précoce et intense. Météo-France a indiqué que l’indicateur thermique national, qui mesure la température moyenne à l’échelle du pays, a atteint 24,8°C mardi 26 mai en fin d’après‑midi, battant le record de la veille (24,6°C). Lundi 25 mai avait déjà été la journée la plus chaude jamais enregistrée en France pour un mois de mai. Les prévisions annoncent une poursuite de cette vague de chaleur, avec des températures pouvant atteindre localement 38°C, voire 39°C dans certaines régions, notamment dans le Languedoc, ce qui serait totalement inédit pour cette période de l’année, selon un prévisionniste de Météo‑France.

Outre‑Manche, le Royaume‑Uni a également battu son record de température pour un mois de mai, avec 35°C enregistrés à Londres mardi, après 34,8°C la veille à Kew Gardens.

Réactions politiques et sanitaires

Face à cette situation, la ministre de la Transition écologique, Monique Barbut, a estimé que cet épisode caniculaire était « le premier d’une série » d’événements similaires qui devraient se produire cet été. Elle s’exprimait lors d’une réunion de crise au Centre ministériel de veille opérationnelle et d’alerte, à Paris.

La ministre de la Santé, Stéphanie Rist, a pour sa part appelé les Français à la vigilance, notamment les sportifs, tout en jugeant que la situation ne constituait pas une « urgence » sanitaire. Elle a indiqué qu’aucune tension particulière n’était remontée des services d’urgence ou du Samu, même si une hausse des appels liés à la chaleur était constatée.

Dans les établissements scolaires, le ministre de l’Éducation nationale a écarté tout report des épreuves du baccalauréat à ce stade, mais a rappelé des mesures de « bon sens » dans les écoles.

Sur le plan politique, plusieurs voix se sont élevées pour dénoncer le manque d’action du gouvernement face au dérèglement climatique. La députée écologiste Léa Balage El Mariky a analysé cet épisode comme une conséquence du dérèglement climatique, regrettant l’absence de réponse de l’exécutif. La présidente des députés La France insoumise, Mathilde Panot, a dénoncé « l’inaction » du gouvernement face à ce dôme de chaleur, rappelant la « lutte vitale contre le réchauffement climatique ».

Impact sur les services d’urgence

Le professeur Louis Soulat, chef des urgences de Rennes et administrateur de Samu‑Urgences de France, a signalé une augmentation de 20 à 30 % du nombre d’appels au Samu, principalement pour des malaises liés à la chaleur et des demandes d’hospitalisation plus importantes pour des personnes âgées. Les effectifs ont été renforcés, mais le week‑end prolongé de la Pentecôte a compliqué l’organisation. Les quatre départements bretons sont fortement touchés, y compris le Finistère, qui n’a pas l’habitude de telles températures.

Perspectives

La préfecture de police devrait maintenir les mesures de restriction tant que l’épisode de pollution persistera. Les autorités appellent la population à suivre les recommandations de prévention, notamment en limitant les efforts physiques aux heures les plus chaudes et en s’hydratant régulièrement.