Ces derniers jours, un dôme de chaleur s’est abattu sur la France, poussant le mercure à frôler les 35 °C dans plusieurs régions. Derrière les fourneaux des boulangeries, dans les salles de classe mal isolées ou encore en plein champ sous un soleil de plomb, des milliers de salariés sont exposés brutalement à ces températures extrêmes. Au-delà de l’inconfort immédiat, les fortes chaleurs représentent un risque sanitaire sérieux.

Des capacités physiques et cognitives altérées

La chaleur excessive ne se limite pas à une gêne passagère : elle altère les capacités physiques et cognitives des travailleurs, augmentant le risque d’accidents du travail. Selon plusieurs études citées par des syndicats, chaque degré supplémentaire au-dessus d’un seuil critique accroît significativement le nombre d’incidents sur les chantiers, dans les ateliers ou sur les routes. La vigilance baisse, la déshydratation guette, et les coups de chaleur peuvent survenir même chez des personnes jeunes et en bonne santé.

Des polluants et des infrastructures fragilisées

Mais la menace ne s’arrête pas à la chaleur elle-même. Les travailleurs sont également confrontés à une exposition accrue à la pollution de l’air – souvent plus concentrée lors des épisodes caniculaires – ainsi qu’à des polluants éternels (PFAS) et autres substances toxiques dont la nocivité est amplifiée par les hautes températures. Par ailleurs, la fragilisation des infrastructures due aux catastrophes climatiques (routes endommagées, bâtiments mal ventilés, réseaux électriques saturés) aggrave les conditions de travail et met en danger la santé des salariés.

La CGT appelle à une transition écologique protectrice

Face à cette situation, la CGT insiste sur le fait que la protection des travailleurs et de leur santé ne peut être dissociée de la transition écologique. Le syndicat estime que des mesures structurelles – comme l’isolation des bâtiments, la réduction de l’exposition aux polluants ou l’adaptation des horaires de travail – doivent être mises en œuvre de toute urgence. Il dénonce également le refus de trop d’entreprises de signer des accords visant à mieux protéger les salariés lors des fortes chaleurs, malgré des morts au travail déjà recensées lors de précédents épisodes caniculaires.

Un enjeu de santé publique et de justice sociale

Les travailleurs les plus vulnérables sont souvent ceux qui occupent des emplois peu rémunérés ou précaires : ouvriers du bâtiment, agriculteurs, livreurs, personnels de nettoyage ou encore employés de la restauration. Pour la CGT, la canicule révèle une inégalité criante face aux risques climatiques. Le syndicat appelle donc à une refonte des politiques de santé au travail, intégrant les enjeux climatiques comme une priorité. Alors que les épisodes de chaleur extrême se multiplient, la question n’est plus seulement celle du confort, mais bien celle de la survie dans certaines professions.