Le président Donald Trump a proposé cette semaine de suspendre la taxe fédérale de 18,4 cents par gallon sur l'essence dans le but de réduire les prix à la pompe, qui ont fortement augmenté depuis le début du conflit américano-israélien contre l'Iran. Cette taxe, qui représente environ 4 % du prix total du carburant, n'aurait toutefois qu'un effet limité sur le budget des automobilistes, et son adoption par le Congrès est loin d'être acquise.
Le prix moyen national de l'essence sans plomb s'élevait mardi à 4,50 dollars le gallon, soit une hausse de plus de 50 % depuis le déclenchement des hostilités. Dans ce contexte, la Maison-Blanche cherche des moyens d'alléger la facture des consommateurs, mais la marge de manœuvre est étroite.
Une taxe ancienne, détournée de son objectif initial
Instaurée en 1932 sous la présidence de Herbert Hoover, la taxe fédérale sur l'essence était initialement conçue comme une mesure temporaire destinée à financer les dépenses de défense nationale. Les déficits budgétaires persistants l'ont toutefois maintenue en place, et ses recettes sont aujourd'hui affectées à l'entretien des routes via le Highway Trust Fund (Fonds fiduciaire pour les autoroutes).
Le taux de cette taxe n'a pas été modifié depuis 1993. Pour le diesel, le taux est légèrement plus élevé, à 24,4 cents le gallon. En raison de cette stagnation, les recettes de la taxe ne couvrent plus les besoins d'entretien du réseau routier. Ted Kury, directeur des études énergétiques au centre de recherche sur les services publics de l'Université de Floride, explique : « L'idée est de financer l'entretien des autoroutes, mais cela ne suffit pas. Périodiquement, le gouvernement apporte des contributions supplémentaires. » Ces apports budgétaires viennent combler le déficit du Highway Trust Fund.
Un impact limité pour les consommateurs
La suspension de la taxe fédérale ne réduirait le prix du gallon que de 18,4 cents, une économie modeste au regard du niveau actuel des prix. Pour un conducteur moyen, cela représenterait quelques dollars par mois, loin de compenser la flambée des prix liée au conflit au Moyen-Orient.
De plus, il n'est pas certain que l'intégralité de la baisse de taxe soit répercutée sur le consommateur final. Les stations-service et les distributeurs pourraient conserver une partie de la réduction, comme cela s'est produit lors de précédentes baisses de taxes sur les carburants.
Un parcours législatif semé d'embûches
La proposition de M. Trump doit être adoptée par le Congrès, où elle suscite des réserves, y compris dans son propre camp. Certains élus républicains s'inquiètent de l'impact sur le financement des infrastructures, déjà insuffisant. Les démocrates, de leur côté, pourraient exiger des compensations ou rejeter la mesure, qu'ils jugent inefficace et coûteuse pour les finances publiques.
L'administration trumpiste n'a pas précisé comment elle entendrait compenser la perte de recettes pour le Highway Trust Fund, estimée à plusieurs milliards de dollars par an. Le débat s'annonce vif alors que les prix du carburant restent un enjeu politique majeur à l'approche des élections de mi-mandat.