Un document « non officiel » présenté par Téhéran
La télévision d'État iranienne (IRIB) a diffusé, mercredi 27 mai 2026, ce qu'elle présente comme « un document initial, non officiel » esquissant les termes d'un accord entre l'Iran et les États-Unis. Selon ce document, l'Iran autoriserait la reprise du trafic maritime commercial dans le détroit d'Ormuz en échange de la levée du blocus naval américain imposé sur les ports iraniens. La chaîne officielle a présenté ce projet comme une large victoire pour l'Iran, tout en précisant qu'il ne s'agit pas d'un texte définitif.
Démenti immédiat de la Maison-Blanche
La Maison-Blanche a rapidement réagi en rejetant ces allégations, les qualifiant de « pure invention ». Il n'est pas établi que les deux parties soient plus proches d'un accord, les positions ayant oscillé ces derniers jours entre signes d'apaisement et reprise des hostilités.
Les principales dispositions évoquées
D'après le cadre divulgué, le trafic commercial retrouverait son niveau d'avant-guerre dans un délai d'un mois suivant la mise en œuvre de l'accord. L'Iran administrerait le détroit en coopération avec le sultanat d'Oman, allié des États-Unis. Le document mentionne également un engagement américain à « retirer ses forces militaires des zones entourant l'Iran », sans préciser le périmètre géographique concerné. Le rapport indique que la question de savoir si ce retrait inclut les forces nouvellement déployées dans la région ou seulement le personnel des bases permanentes reste à négocier.
Un accord final conditionné à un délai de 60 jours
La télévision iranienne a rapporté que si un accord définitif est conclu dans les 60 jours, il serait ensuite entériné par une résolution du Conseil de sécurité des Nations unies.
Les points de blocage absents du document
Le détroit d'Ormuz, voie stratégique pour le transport mondial de pétrole et de gaz, est le seul des cinq principaux points de friction dans les négociations à être mentionné dans le bref rapport. Il n'y est fait aucune référence à l'avenir du programme nucléaire iranien ni au stock d'uranium enrichi de la République islamique. La réouverture du détroit, effectivement fermé par l'Iran depuis mars 2026, constitue un enjeu crucial pour l'économie mondiale.
Un contexte de tensions persistantes
Depuis le week-end, l'administration américaine alterne entre déclarations optimistes sur l'avancée d'un accord et menaces de nouvelles frappes. Lundi, des responsables américains ont annoncé que leurs forces avaient visé des sites de lancement de missiles en Iran et des bateaux tentant de poser des mines. Mardi, de hauts responsables iraniens ont accusé Washington d'avoir violé l'accord de cessez-le-feu conclu en avril, promettant une réponse ferme.
Implications et perspectives
La diffusion de ce document par la télévision d'État iranienne semble viser à présenter une issue favorable à l'opinion intérieure, tout en maintenant la pression sur Washington. L'absence de tout volet nucléaire dans ce projet d'accord suggère que les divergences de fond restent profondes. Les prochains jours diront si ce cadre « non officiel » peut servir de base à une négociation formelle ou s'il s'agit d'une manœuvre de communication dans un conflit aux multiples rebondissements.