Un record à la baisse

Les prix du porc en Chine ont chuté à leur plus bas niveau depuis seize ans, un signal préoccupant pour la deuxième économie mondiale. Alors que ce produit est considéré comme un indicateur clef de l'inflation dans le pays, cette dégringolade reflète une demande atone et une offre pléthorique.

Sun Haoyu, éleveur porcin à Dalian, dans la province du Liaoning (nord de la Chine), a constaté la baisse des cours dès la fin de l'année dernière. Avec 3 000 porcs à charge, il explique n'avoir « pas d'autre choix que d'endurer », ne survivant qu'à coups d'emprunts. Mais les prix n'ont cessé de s'effondrer, et le mois dernier ils ont touché un creux historique. De nombreuses petites exploitations de sa région sont désormais au bord de la faillite. « De nombreux éleveurs ne tiennent plus, déplore-t-il. Après tout ce travail harassant, nous pouvons à peine payer la nourriture des porcs. »

Un excédent engendré par une crise sanitaire

Cette situation n'est pas uniquement agricole. Il y a quelques années, les prix du porc flambaient en raison d'une épidémie de peste porcine africaine qui avait décimé les cheptels. Pékin avait alors réagi en encourageant une forte augmentation de la production. Mais cette relance a créé un excédent massif, au moment même où les consommateurs chinois, prudents, préfèrent épargner plutôt que dépenser.

Les conséquences de la crise immobilière

L'industrie porcine est une nouvelle victime du ralentissement économique chinois. Le marché immobilier est en crise depuis plusieurs années, ce qui freine les dépenses, notamment dans la restauration, un débouché important pour la viande de porc. Par ailleurs, selon une note de la banque Nomura, l'affaiblissement de l'activité dans la construction réduit la demande de porc, longtemps un aliment de base pour les ouvriers sur les chantiers.

Un indicateur macroéconomique

Les prix du porc sont suivis de près comme un indicateur avancé de l'inflation et plus largement de la santé de l'économie chinoise. Leur plongeon à un plus bas de seize ans suggère que la demande intérieure reste très faible, malgré les mesures de relance prises par les autorités. La combinaison d'une offre surabondante et d'une consommation atone pèse sur les marges des éleveurs et pourrait entraîner une nouvelle vague de restructurations dans le secteur.

Les perspectives à court terme restent sombres pour les producteurs. Tant que la reprise de la consommation ne se matérialisera pas, le déséquilibre entre l'offre et la demande risque de perdurer, maintenant les prix à des niveaux peu rémunérateurs pour les exploitants.