Mercredi 20 mai, l'Assemblée générale des Nations unies a adopté une résolution visant à renforcer la responsabilité climatique des États. Porté par l'archipel du Vanuatu, le texte a recueilli 141 votes favorables, huit voix contre et 28 abstentions. Les pays ayant voté contre sont les États-Unis, Israël, l'Iran, la Russie et l'Arabie saoudite, entre autres.
Cette résolution entérine et élargit l'avis consultatif historique rendu l'an dernier par la Cour internationale de justice (CIJ). Ce dernier avait jugé que l'inaction climatique des États pouvait être considérée comme illégale au regard du droit international. Désormais, les nations dont les politiques de réduction des émissions de gaz à effet de serre sont jugées insuffisantes pourraient être poursuivies en justice par des pays ou des groupes victimes des conséquences du dérèglement climatique. En outre, les États les plus touchés par les phénomènes extrêmes (canicules, inondations, élévation du niveau de la mer) pourraient demander réparation.
Un texte édulcoré sous les pressions
Toutefois, le texte final a été notablement affaibli par rapport à sa version initiale, sous l'influence de plusieurs grandes puissances. La mesure la plus emblématique à avoir disparu est la création d'un « registre international des dommages ». Ce mécanisme devait centraliser les « preuves » des préjudices attribuables au réchauffement climatique, offrant une base documentaire pour d'éventuelles actions en réparation. Son retrait réduit la portée opérationnelle de la résolution.
Les États-Unis se sont particulièrement distingués dans leur opposition. L'ambassadrice adjointe à l'ONU, Tammy Bruce, a qualifié la résolution de « très problématique » et a refusé de reconnaître « l'autorité » de l'avis de la CIJ. Washington continue ainsi de bloquer toute avancée contraignante en matière de justice climatique au niveau multilatéral.
Une avancée symbolique mais réelle
Bien que non contraignante, cette résolution constitue une étape importante dans la reconnaissance juridique du lien entre émissions historiques, responsabilité des États et préjudices subis. Elle renforce la pression politique et morale sur les gouvernements, tout en offrant un nouveau levier aux organisations de la société civile et aux États vulnérables pour intenter des actions en justice.
Le vote intervient dans un contexte international marqué par des priorités concurrentes (sécurité, économie, conflits) où le climat n'est pas toujours considéré comme une urgence. Pour les petits États insulaires comme le Vanuatu, l'initiative vise à transformer le droit international en un outil concret de protection face aux impacts déjà irréversibles du réchauffement. La résolution ouvre la voie à une possible codification future de ces principes dans un traité, mais un tel processus nécessitera un consensus bien plus large au sein de l'ONU.