Les Iraniens respirent. Après plusieurs semaines d’une coupure quasi totale d’Internet imposée par le gouvernement, l’accès au réseau a été rétabli dans le pays, suscitant un vaste soulagement au sein de la population.

Le gouvernement iranien avait mis en place ce blackout numérique au début du mois de février, concomitamment au déclenchement des hostilités avec les États-Unis et Israël. Cette mesure avait pour but officiel de limiter les fuites d’informations et de contrôler la diffusion de contenus en période de conflit. Dans les faits, elle a coupé la grande majorité des Iraniens du reste du monde, rendant impossible l’accès aux réseaux sociaux, aux messageries instantanées et à une grande partie des sites d’information étrangers.

« C’est comme si on libérait un prisonnier », a témoigné un habitant de Téhéran, joint après le rétablissement du réseau. « On pouvait encore utiliser quelques sites internes, mais tout le reste était bloqué. C’était une sensation d’étouffement, d’être enfermé. Maintenant, on peut à nouveau parler à nos familles à l’étranger, voir ce qui se passe dans le monde. »

La levée de la censure intervient alors que la situation militaire semble s’être stabilisée, sans que les autorités n’aient officiellement expliqué les raisons précises de cette décision. Aucun communiqué détaillant les modalités de la réouverture n’a été publié par le ministère des Technologies de l’information ou par d’autres instances gouvernementales. Des observateurs estiment que le régime a pu juger la menace informationnelle désormais moins pressante, ou chercher à apaiser des tensions sociales croissantes liées à l’isolement numérique.

Le retour à un Internet ouvert, bien que partiel dans certaines régions, a été accueilli avec une joie mêlée de prudence. De nombreux Iraniens craignent que ce répit ne soit que temporaire et que les autorités puissent rétablir le blocage en cas de nouvelle escalade. « On ne fait plus confiance, mais pour l’instant, on profite », confie un étudiant de la capitale.

Cette levée du blocage n’a pas été annoncée officiellement par le gouvernement, mais des internautes et des journalistes ont constaté le rétablissement progressif de l’accès à des plateformes comme Instagram, WhatsApp ou Telegram. Le gouvernement n’a pas non plus communiqué sur d’éventuelles conditions ou restrictions persistantes. Des tests effectués depuis plusieurs villes suggèrent que le blocage a été levé sur la majorité des réseaux, même si quelques sites restent inaccessibles.

Cette décision intervient dans un contexte où l’Iran a déjà connu plusieurs vagues de restriction d’Internet, notamment lors des protestations de 2022. Le pays reste l’un des plus censurés au monde en matière d’accès au web, mais la coupure totale de février constituait un durcissement sans précédent depuis le début du conflit avec les États-Unis et Israël.

Pour l’instant, les autorités n’ont pas précisé si cette ouverture sera maintenue à long terme. La population, elle, savoure un retour à une liberté numérique toute relative, mais bien réelle après des semaines de silence forcé.