La participation de l'équipe de football de la République démocratique du Congo (RD Congo) à la Coupe du monde 2026, qui se déroule aux États-Unis, au Canada et au Mexique du 11 juin au 19 juillet, semblait menacée par l'épidémie d'Ebola qui sévit dans le pays. Un haut responsable du département d'État américain, s'exprimant sous couvert d'anonymat, a toutefois apporté une réponse rassurante : les Léopards congolais sont attendus sur le sol américain.

Une épidémie meurtrière et des restrictions sanitaires

Depuis plusieurs semaines, la RD Congo est confrontée à une épidémie d'Ebola qui a déjà fait plus de 90 morts. Face à cette situation, les États-Unis ont annoncé, lundi 19 mai, un renforcement des contrôles sanitaires à leurs frontières. La mesure la plus emblématique est l'interdiction d'entrée sur le territoire pour tout ressortissant étranger ayant séjourné en Ouganda, en RD Congo ou au Soudan du Sud dans les 21 jours précédant son arrivée.

Cette restriction a immédiatement suscité des interrogations sur la capacité de la sélection congolaise à rejoindre son camp de base à Houston, au Texas, pour y disputer ses matchs de poule. Les Léopards, entraînés par le Français Sébastien Desabre, participent à leur deuxième Coupe du monde après celle de 1974. Ils sont placés dans le groupe K et affronteront le Portugal le 17 juin à Houston, la Colombie le 24 à Guadalajara (Mexique) et l'Ouzbékistan le 28 à Atlanta.

Une exemption accordée à la délégation sportive

Interrogé sur le cas spécifique de la délégation congolaise, le responsable américain a déclaré : « Nous nous attendons à ce que l'équipe de RDC puisse participer à la Coupe du monde. » Cette déclaration s'appuie sur deux arguments. D'une part, l'équipe s'est déjà entraînée en Europe et pourrait donc ne pas être concernée par le critère de séjour dans les zones touchées. D'autre part, même si un membre de l'équipe devait transiter par la RD Congo dans les trois semaines précédant le match, une exception serait accordée.

Dans ce cas de figure, la personne concernée serait soumise à un protocole sanitaire strict, identique à celui appliqué aux citoyens américains de retour de RD Congo. « Le même protocole pour se tester et s'isoler », a précisé le responsable, sans autre détail sur la durée ou les modalités exactes de l'isolement.

Les supporters congolais exclus de l'exemption

Une précision importante a toutefois été apportée : cette exemption ne s'applique pas aux supporters. Les ressortissants congolais désireux de se rendre aux États-Unis pour assister aux matchs devront donc se conformer aux règles en vigueur, qui leur interdisent purement et simplement l'entrée s'ils ont voyagé dans leur pays d'origine au cours des 21 derniers jours.

Cette distinction entre les joueurs, considérés comme une délégation officielle, et le public, soumis au droit commun de l'immigration, pourrait entraîner des frustrations. La RD Congo compte une importante diaspora aux États-Unis, et de nombreux supporters auraient souhaité soutenir leur équipe en personne.

Un précédent historique pour les Léopards

La participation de la RD Congo à la Coupe du monde 2026 est d'ores et déjà un événement historique. Le pays n'avait plus participé à la compétition depuis 1974, lorsqu'il était encore appelé Zaïre. Les Léopards, emmenés par leur sélectionneur, espèrent bien marquer les esprits. Leur camp de base à Houston sera le point de départ de leur aventure américaine.

L'équipe, qui a effectué une préparation en Europe, arrive aux États-Unis avec des ambitions mesurées mais réelles. Le tirage au sort les a placés dans un groupe difficile, avec le Portugal, champion d'Europe en titre, la Colombie, habituée des grands rendez-vous, et l'Ouzbékistan, nation émergente du football asiatique.

La gestion de la crise sanitaire

L'épidémie d'Ebola en RD Congo fait l'objet d'une attention internationale soutenue. Les autorités sanitaires congolaises, appuyées par l'Organisation mondiale de la santé, tentent de contenir la propagation du virus. Les États-Unis, de leur côté, ont mis en place une série de mesures de précaution, dont cette restriction d'entrée sur le territoire, afin de protéger leur population.

L'exemption accordée à l'équipe de football congolaise témoigne de la volonté des autorités américaines de concilier impératifs sanitaires et événement sportif mondial. Le département d'État a ainsi cherché à rassurer les organisateurs et les fédérations sportives, tout en maintenant des contrôles stricts pour éviter tout risque de contamination.

Un cas test pour d'autres délégations ?

Cette décision pourrait faire jurisprudence pour d'autres pays africains qui seraient confrontés à des situations sanitaires similaires à l'avenir. En garantissant la participation de la RD Congo, les États-Unis envoient un signal fort : les restrictions sanitaires ne sont pas aveugles et peuvent être adaptées pour permettre la tenue de grands événements internationaux.

Reste à savoir comment les supporters congolais réagiront à cette mesure qui les exclut. La Fédération congolaise de football n'a pas encore communiqué officiellement sur le sujet, mais il est probable que des discussions soient en cours pour trouver une solution qui permettrait à au moins une partie des supporters de faire le déplacement.

Pour l'heure, les Léopards se préparent en Europe, l'esprit tranquille, sachant qu'ils pourront fouler les pelouses américaines comme prévu. Le coup d'envoi de leur Mondial sera donné le 17 juin face au Portugal, dans un stade de Houston qui accueillera peut-être quelques centaines de supporters congolais exilés aux États-Unis, mais pas de fans venus directement de Kinshasa.