Le constat est sans appel : les créatifs africains rayonnent à l'échelle mondiale, mais le talent ne suffit pas à garantir une carrière durable. C'est le point de départ de « Creative Cash Flow », le nouveau livre de Marie Lora-Mungai, l'une des voix les plus actives pour le développement des industries artistiques sur le continent. L'ouvrage se présente comme un manuel pratique qui entend combler le fossé entre la créativité et les impératifs financiers.

Lors d'un entretien avec Georja Calvin-Smith, l'auteure a expliqué que l'image romantique de l'artiste vivant dans le dénuement n'est pas une fatalité, mais le symptôme d'un manque de soutien et de compétences en gestion. « Creative Cash Flow » vise à briser ce mythe en offrant aux artistes, musiciens, cinéastes et autres professionnels de la culture les clés pour transformer leur passion en une activité économiquement viable.

« Les créatifs africains ont une influence mondiale, mais la réalité est que l'artiste pauvre n'est pas une figure romantique : c'est une figure non soutenue », a-t-elle souligné. Le livre aborde concrètement les questions de flux de trésorerie, de stratégie commerciale et de planification financière, adaptées au contexte spécifique des industries créatives en Afrique. L'objectif est de donner aux talents les outils nécessaires pour que leurs dons puissent « continuer à donner », selon les termes de l'échange.

Au-delà du simple guide, l'ouvrage s'inscrit dans une démarche plus large de structuration du secteur. Marie Lora-Mungai milite depuis longtemps pour une meilleure reconnaissance du poids économique de la culture africaine et pour des mécanismes de financement adaptés à ses acteurs. « Creative Cash Flow » ambitionne ainsi de devenir une référence pour les créateurs qui souhaitent pérenniser leur activité et vivre dignement de leur art, en combinant passion et rigueur entrepreneuriale.