L'économie française traverse une phase préoccupante. L'enquête préliminaire PMI de S&P Global et HCOB pour le mois de mai révèle une contraction de l'activité du secteur privé à son rythme le plus rapide depuis cinq ans et demi. L'indice PMI composite, qui agrège les secteurs manufacturier et des services, s'est effondré à 43,5 points, contre 47,6 en avril. La barre des 50 points sépare croissance et contraction.

Services et industrie manufacturière en repli

Le secteur des services, pilier de l'économie française, est particulièrement touché. Son indice PMI flash préliminaire est tombé à 42,9 points, son plus bas niveau en 66 mois, contre 46,5 en avril. Les économistes interrogés attendaient en moyenne 46,6 points. Le secteur manufacturier n'est pas en reste : l'indice PMI flash a reculé à 48,9 points, contre 52,8 en avril, alors que les prévisions tablaient sur 52,2 points. L'ensemble de ces indicateurs se situe nettement en dessous des attentes du marché.

Les causes : guerre au Moyen-Orient et pressions sur les coûts

Les entreprises interrogées dans le cadre de l'enquête expliquent ce ralentissement par plusieurs facteurs. La guerre au Moyen-Orient, qui perturbe les chaînes d'approvisionnement et fait grimper les cours du pétrole, est citée en premier lieu. Les pressions sur les coûts du carburant et de l'énergie, ainsi qu'une anxiété économique générale, pèsent également sur l'activité. Joe Hayes, économiste chez S&P Global Market Intelligence, qualifie les chiffres d'« alarmants ». Il souligne que « l'impact inflationniste du choc pétrolier continue de se propager, les indices des prix dans les secteurs manufacturier et des services étant à nouveau en hausse ».

Un contexte déjà fragile

Cette contraction intervient après une croissance déjà à l'arrêt au premier trimestre, selon l'Insee. Les indicateurs PMI de mai sont donc de mauvais augure pour le deuxième trimestre 2026. La douche froide des statistiques du printemps confirme que l'économie française peine à trouver un second souffle face aux chocs extérieurs.

La zone euro plombée par la France

La tendance n'est pas limitée à l'Hexagone. L'indice PMI composite flash de la zone euro est tombé à 47,5 points en mai, contre 48,8 en avril, soit le plus bas niveau en 31 mois. La France contribue fortement à cette baisse. L'Allemagne, première économie de la zone, enregistre également une contraction, mais à un rythme moindre : son indice composite flash s'est légèrement redressé à 48,6 points, contre 48,4 en avril, dépassant les prévisions des analystes. Toutefois, le secteur manufacturier allemand a ralenti, avec un indice à 49,9 points contre 51,4 en avril. Phil Smith, analyste, estime que « dans le secteur manufacturier, l'élan que nous avons constaté grâce aux efforts déployés pour constituer des stocks et anticiper les hausses de prix et les pénuries d'approvisionnement semble s'essouffler ».

Perspectives économiques assombries

La guerre contre l'Iran a freiné la reprise économique en Europe, affectant la demande et faisant grimper les prix. Les entreprises françaises, déjà confrontées à une inflation persistante et à une incertitude géopolitique, voient leurs perspectives se dégrader. Si ces tendances se confirment, la croissance du PIB français au deuxième trimestre pourrait être négative, ravivant les craintes de récession. Les prochaines publications économiques, notamment les chiffres définitifs du PIB et les enquêtes de conjoncture, seront scrutées de près pour évaluer l'ampleur du ralentissement.