Plusieurs pêcheurs équatoriens survivants d’une attaque qu’ils attribuent à un drone américain cherchent à obtenir des réponses et des réparations, plus de huit mois après les faits. Les intéressés racontent avoir été visés alors qu’ils pratiquaient la pêche dans l’est de l’océan Pacifique. Selon leur récit, leurs embarcations ont été détruites et ils ont été contraints de monter à bord d’un autre navire, avant d’être remis aux mains de responsables salvadoriens. Aucune charge n’a été retenue contre eux.

Ce témoignage s’inscrit dans un contexte plus large d’opérations menées par les États-Unis dans la région. Depuis septembre, plus d’une cinquantaine de frappes ont été conduites dans les Caraïbes et le Pacifique oriental, faisant près de deux cents morts. L’administration américaine affirme cibler des présumés narcotrafiquants, dans le cadre de la loi.

Une famille de pêcheurs bouleversée

Pour la famille Flores, qui pratique la pêche au large des côtes équatoriennes depuis des générations, l’attaque a été une tragédie. Plusieurs de ses membres vivent ensemble dans un même lieu, où réside également un chien de garde prénommé Lisi. L’un des survivants décrit la scène : « Nous avons été attaqués sans avertissement. Notre bateau a été pulvérisé. » Un autre ajoute : « Ils nous ont mis sur un autre bateau et nous ont emmenés. Nous ne savions pas où nous allions. »

Les pêcheurs disent ne pas comprendre pourquoi ils ont été ciblés. « Nous ne sommes pas des criminels, nous sommes des pêcheurs. Nous avons toujours travaillé honnêtement », déclare l’un d’eux. Ils estiment que les États-Unis doivent reconnaître leur erreur et les indemniser pour la perte de leurs moyens de subsistance.

Des zones d’ombre persistantes

Les autorités américaines n’ont pas commenté ces allégations spécifiques. Les frappes américaines dans la région sont officiellement présentées comme des opérations de lutte contre le trafic de drogue, mais des doutes subsistent sur la précision des ciblages. Plusieurs organisations de défense des droits de l’homme ont appelé à une enquête indépendante sur les frappes signalées.

Les pêcheurs équatoriens, quant à eux, restent sans réponse officielle. « Nous voulons savoir pourquoi cela nous est arrivé. Nous voulons que justice soit faite », insiste l’un d’eux. Leur avocat a indiqué qu’une procédure judiciaire pourrait être engagée si aucune explication ni réparation n’est apportée.

Un précédent inquiétant

Cette affaire n’est pas isolée. D’autres pêcheurs de la région ont rapporté des incidents similaires depuis le début des opérations américaines. Aucune enquête publique indépendante n’a été ouverte à ce jour. La question de la légalité des frappes en dehors de tout cadre conventionnel de conflit armé est soulevée par plusieurs experts juridiques.

Les survivants continuent de chercher des soutiens, auprès d’associations locales et de défenseurs des droits humains. Ils espèrent que leur témoignage pourra attirer l’attention des médias et des instances internationales.