Le président des États-Unis, Donald Trump, a annoncé le 21 mai 2026 son intention de lever les restrictions applicables à une famille de gaz fluorés, les hydrofluorocarbures (HFC), introduites sous la présidence de Joe Biden. Ces gaz, très puissants en termes d'effet de serre, sont principalement employés dans les systèmes de réfrigération et de climatisation.
Deux décisions concrètes ont été prises par l'administration Trump. La première autorise « divers secteurs d'activité à conserver des équipements utilisant des gaz à effet de serre fluorés HFC ». La seconde prévoit « l'exemption des transporteurs américains d'exigences relatives à la réparation de fuites de ces gaz », selon des informations officielles.
Une mesure présentée comme bénéfique pour les consommateurs
Donald Trump a justifié cette décision en affirmant qu'elle « n'aura aucun impact sur l'environnement » et qu'elle permettra de faire baisser le coût de l'alimentation pour les Américains. Lors d'un point presse, le chef de l'Agence de protection de l'environnement (EPA), Lee Zeldin, a promis que ce choix permettrait aux ménages et aux entreprises d'économiser « 2,4 milliards de dollars ».
Zeldin, qui avait déclaré en mai 2025 vouloir « poignarder au cœur la religion du climat », poursuit ainsi une politique de dérégulation environnementale. Les HFC avaient été introduits dans les années 1990 pour remplacer d'autres substances chimiques nocives pour la couche d'ozone, avant que les gouvernements ne réalisent leur contribution au réchauffement climatique.
Des critiques sur l'impact climatique et économique
L'annonce a provoqué des réactions négatives de la part de défenseurs de l'environnement. David Doniger, du Natural Resources Defense Council, a estimé que cette mesure « nuira aux consommateurs et au climat, et réduira la compétitivité américaine sur les marchés mondiaux émergents des réfrigérants et des technologies plus respectueuses de l'environnement ». Selon lui, les économies promises pourraient être contrebalancées par une hausse des coûts liés aux fuites et à l'inefficacité énergétique.
Les HFC font partie des gaz à effet de serre les plus puissants, avec un potentiel de réchauffement global (PRG) plusieurs milliers de fois supérieur à celui du dioxyde de carbone. Leur utilisation croissante dans la climatisation, notamment dans les pays en développement, est un enjeu majeur pour les objectifs climatiques mondiaux.
Un contexte de dérégulation
Cette décision s'inscrit dans la continuité des politiques de Donald Trump visant à réduire ce qu'il considère comme des contraintes réglementaires excessives. L'administration Biden avait imposé une réduction progressive de l'utilisation des HFC, conformément à l'amendement de Kigali au Protocole de Montréal, que les États-Unis avaient ratifié en 2022. La suppression de ces restrictions pourrait compromettre les engagements américains en matière de lutte contre le changement climatique.
Les conséquences précises de cette mesure sur les émissions de gaz à effet de serre aux États-Unis ne sont pas encore quantifiées, mais les experts estiment qu'elle pourrait entraîner une augmentation significative des rejets de HFC dans l'atmosphère.