Donald Trump durcit le ton envers Oman
Le président américain Donald Trump a lancé une menace directe contre Oman, pourtant allié des États-Unis, lors d'une réunion du cabinet mercredi 27 mai. Mis en cause par un journaliste à propos de la gouvernance du détroit d'Ormuz, il a déclaré : « Oman se comportera comme tout le monde, ou alors nous devrons les faire sauter. Ils comprennent ça. Ils s'en sortiront bien. »
Cette déclaration intervient alors que des discussions séparées entre Téhéran et Mascate ont été évoquées ces derniers jours. Selon des informations relayées par des responsables iraniens, l'Iran aurait proposé à Oman de co-gérer le trafic maritime dans le détroit, en échange du versement de droits de passage. Un projet d'accord « préliminaire et non officiel » en 14 points, diffusé par la télévision d'État iranienne, prévoit notamment que « la gestion et le routage du trafic maritime » seraient assurés par l'Iran « en coopération avec Oman ». Les États-Unis y retireraient un nombre non précisé de forces militaires « des zones entourant l'Iran ».
Menace immédiatement nuancée
Quelques instants après cette mise en garde, Donald Trump a toutefois minimisé la probabilité d'une telle action : « Je ne crois pas que nous ayons à le faire », a-t-il ajouté, estimant que les dirigeants omanais « comprennent » les exigences américaines. La Maison-Blanche a par ailleurs démenti catégoriquement l'authenticité du projet d'accord cité par la télévision iranienne, le qualifiant de « complète fabrication ».
Un contexte de négociations tendues
La menace contre Oman s'inscrit dans un contexte de tensions croissantes entre Washington et Téhéran. Alors que les deux camps semblaient proches d'un accord « étroit » sur la réouverture du détroit d'Ormuz, les hostilités se sont intensifiées cette semaine. Mardi 26 mai, les forces américaines ont mené des frappes contre des bateaux et des sites de lancement iraniens, présentées comme une réponse à des actions « menaçantes » incluant le minage du détroit.
En représailles, les Gardiens de la révolution iraniens ont promis une « réponse réciproque décisive » à toute violation du cessez-le-feu, tandis que le guide suprême, Mojtaba Khamenei, a laissé entendre que l'Iran pourrait reprendre ses frappes contre les installations militaires américaines dans le Golfe persique.
Le président américain minimise la pression politique intérieure
Lors de cette même réunion du cabinet, Donald Trump a exprimé son indifférence face à la pression politique liée à une guerre impopulaire aux États-Unis, à l'approche des élections de mi-mandat. « Les responsables iraniens pensaient qu'ils allaient me survivre », a-t-il déclaré. « Je me moque des élections de mi-mandat. »
Il a réaffirmé son opposition à ce que l'Iran contrôle le détroit d'Ormuz : « Personne ne le contrôlera ; nous allons le surveiller. » Interrogé sur le sort du stock d'uranium hautement enrichi iranien, il a indiqué qu'il ne serait « pas à l'aise » avec l'idée de le confier à la Russie ou à la Chine.
Autres développements régionaux
Parallèlement, la reprise des combats entre Israël et le Hezbollah libanais complique les perspectives de paix. Israël a pilonné le sud du Liban pour le deuxième jour consécutif mercredi, et les frappes de mardi ont tué au moins 31 personnes, dont quatre enfants, selon le ministère libanais de la Santé. L'Iran exige que tout accord de paix inclue le Liban.
À Gaza, le chef de la branche militaire du Hamas, Mohammed Odeh, a été tué mardi dans une frappe israélienne, a confirmé le mouvement. Il est le plus haut responsable du Hamas tué depuis l'entrée en vigueur d'un cessez-le-feu à l'automne précédent.
En Iran, l'accès à Internet a été partiellement rétabli après 88 jours de coupure, ce que l'organisation de surveillance NetBlocks a qualifié de « plus longue coupure d'Internet nationale de l'histoire moderne ».