Trump met un frein aux espoirs d'accord immédiat

La signature d'un accord entre les États-Unis et l'Iran, que plusieurs sources laissaient espérer pour ce dimanche, n'aura pas lieu dans l'immédiat. Le président américain Donald Trump a douché les attentes en déclarant sur sa plateforme Truth Social ne pas vouloir « se précipiter ». « J'ai demandé à mes représentants de ne pas se précipiter pour conclure un accord, car le temps joue en notre faveur », a-t-il écrit. Il a également précisé que le blocus des ports iraniens dans le détroit d'Ormuz resterait « pleinement en vigueur jusqu'à ce qu'un accord soit conclu, certifié et signé ».

Cette déclaration contredit l'optimisme affiché la veille par le président lui-même, qui estimait samedi qu'un accord de paix était « largement négocié ». Selon des médias américains citant des hauts responsables sous couvert d'anonymat, la Maison-Blanche ne s'attendait plus à une conclusion ce dimanche et le processus pourrait prendre encore plusieurs jours, en attendant l'aval de l'ayatollah Mojtaba Khamenei. Le projet d'accord prévoirait que l'Iran rouvre le détroit d'Ormuz et se sépare de son stock d'uranium enrichi, selon des modalités encore à finaliser.

Rubio évoque un calendrier de 60 jours pour le nucléaire

Le secrétaire d'État américain Marco Rubio a confirmé les difficultés techniques. Interrogé par le « New York Times », il a affirmé qu'il n'était pas possible de conclure un accord sur le nucléaire iranien en « 72 heures ». « Ce sont des questions hautement techniques », a-t-il expliqué. Il a réclamé la réouverture immédiate du détroit d'Ormuz, « après quoi nous entamerons, selon des modalités convenues, des négociations très sérieuses sur l'enrichissement, sur l'uranium hautement enrichi et sur leur engagement à ne jamais se doter d'armes nucléaires ». Il a évoqué un délai de « 60 jours » et le soutien de « sept ou huit pays dans la région pour cette approche ».

Marco Rubio a également condamné les déclarations du chef du Hezbollah, Naïm Qassem, accusé de chercher à replonger le Liban « dans le chaos ». Qassem avait appelé le gouvernement libanais à abandonner les négociations directes avec Israël et jugé que les attaques visant une société liée au Hezbollah pouvaient justifier « le renversement du gouvernement » par « le peuple ».

Hezbollah et Netanyahu réagissent

Le chef du Hezbollah, Naïm Qassem, a réitéré dimanche son opposition aux négociations directes entre le Liban et Israël, dont une quatrième session est prévue début juin à Washington. « Les négociations directes sont complètement inacceptables et représentent un gain sans contrepartie pour Israël », a-t-il déclaré lors d'un discours télévisé. Il a également estimé qu'un désarmement du mouvement pro-iranien serait un « anéantissement ». Il a dit espérer un accord entre l'Iran et les États-Unis qui inclurait le Liban.

De son côté, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a réagi de manière inhabituelle en publiant sur le réseau social X une image probablement générée par intelligence artificielle le montrant aux côtés de Donald Trump, accompagnée de la mention : « L'Iran n'aura jamais l'arme nucléaire. » Il a également indiqué dans un communiqué que Donald Trump avait, lors d'un appel téléphonique samedi, réitéré « le droit » d'Israël à « se défendre contre les menaces sur tous les fronts, y compris au Liban ».

La guerre continue au Liban

Malgré les discussions diplomatiques, les hostilités se poursuivent. De nouvelles frappes israéliennes ont été menées dimanche dans le sud et l'est du Liban. Selon l'Agence nationale d'information libanaise (ANI), ces frappes ont fait deux morts, dont un secouriste. Elles surviennent au lendemain d'un raid qui avait tué onze personnes selon les autorités libanaises. Un cessez-le-feu était pourtant entré en vigueur le 17 avril et a été récemment prolongé de plusieurs semaines, mais Israël continue de bombarder ce qu'il présente comme des cibles du Hezbollah.

Un tireur abattu près de la Maison-Blanche

Par ailleurs, dans la nuit de samedi à dimanche, un tireur a été abattu près de la Maison-Blanche. Les circonstances exactes de cet incident n'ont pas été précisées et aucun lien avec les négociations sur l'Iran n'a été établi.

Des divergences sur le nucléaire

La question du nucléaire iranien reste le principal point de blocage. Si l'administration américaine exige que Téhéran se sépare de son uranium hautement enrichi, les modalités précises ne sont pas encore arrêtées. Les informations contradictoires qui ont circulé dimanche sur l'avenir du stock iranien illustrent la complexité des discussions. Donald Trump a affirmé que « les deux parties doivent prendre le temps nécessaire » pour aboutir à un texte solide.

En l'absence d'accord immédiat, la situation reste tendue dans la région. La réouverture du détroit d'Ormuz, essentiel pour le transport pétrolier mondial, est conditionnée à la signature d'un traité formel. Le chef du Hezbollah, de son côté, continue de peser sur les équilibres libanais en rejetant toute négociation directe avec Israël et en appelant au renversement du gouvernement. Le dossier semble donc s'inscrire dans la durée, malgré l'espoir d'une avancée rapide qui s'est évanoui ce week-end.