Le scénario du drame
Le 3 mars, les corps sans vie d’Audrey Cavalié et d’Angela Legobien-Cadillac ont été découverts dans une maison de l’Algarve, au sud du Portugal. Les deux femmes, âgées d’une trentaine d’années, étaient respectivement l’ex-compagne et la dernière partenaire de Cédric Prizzon, un ancien policier de 42 ans. Selon des documents d’enquête récemment consultés, celui-ci aurait organisé son périple criminel sur plusieurs jours, depuis la France jusqu’au Portugal.
Les investigations révèlent que Prizzon aurait d’abord tué Audrey Cavalié, avec laquelle il avait eu une relation, dans la nuit du 27 au 28 février. Il se serait ensuite rendu au domicile d’Angela Legobien-Cadillac, sa dernière compagne, où il aurait également mis fin à ses jours. Les deux crimes auraient été commis par arme à feu, probablement avec une arme de service que l’ex-policier avait conservée.
Les autorités portugaises ont été alertées après la découverte des corps par un proche. L’enquête, menée conjointement par la police judiciaire française et portugaise, a permis de reconstituer le parcours de Prizzon. Il aurait quitté la France le 1er mars, traversant l’Espagne avant d’arriver au Portugal. Son corps a été retrouvé quelques jours plus tard dans une voiture volée, près d’une zone boisée, sans que les circonstances exactes de son décès soient précisées.
Un passé de violences
Cédric Prizzon était connu des services de police pour des antécédents de violences conjugales. Selon des témoignages recueillis dans l’enquête, il avait déjà été signalé pour des comportements violents envers Audrey Cavalié, qui avait déposé plusieurs plaintes. Malgré ces signalements, aucune mesure de protection durable n’avait été mise en place.
Les proches des victimes dénoncent un « féminicide annoncé », pointant du doigt les failles du système de protection des femmes battues. « Audrey avait peur, elle nous avait confié qu’il la menaçait de mort », a déclaré l’un de ses amis. Angela Legobien-Cadillac, qui vivait au Portugal depuis quelques mois, aurait également alerté son entourage sur le comportement de son ex-compagnon.
Les réactions officielles
Les autorités françaises et portugaises ont exprimé leur « consternation » face à ce double meurtre. Une porte-parole du ministère de l’Intérieur français a indiqué que « des enquêtes internes sont en cours pour déterminer d’éventuels manquements dans le suivi de cet ancien policier ». Au Portugal, le gouvernement a annoncé un renforcement des mesures de lutte contre les violences conjugales, en particulier dans les zones touristiques.
Plusieurs associations féministes ont appelé à une mobilisation nationale, dénonçant un « féminicide d’État ». « Chaque année, des femmes meurent parce que les autorités ne prennent pas assez au sérieux les signalements de violence », a réagi la porte-parole d’une association de défense des droits des femmes.
Des questions en suspens
L’enquête devra déterminer comment Cédric Prizzon a pu conserver son arme après son départ de la police, et pourquoi les plaintes de ses victimes n’ont pas été suivies de mesures concrètes. Les résultats des autopsies sont attendus pour confirmer les causes exactes des décès. L’extradition des éléments de l’enquête vers la France est en cours.
Ce drame relance le débat sur la protection des victimes de violences conjugales, en particulier lorsqu’elles quittent le territoire pour échapper à leur agresseur. Le gouvernement portugais a promis de publier un rapport sur les circonstances de cette affaire dans les semaines à venir.