Un constat amer sur le marché européen
Le directeur général de Stellantis pour l'Europe a vivement critiqué la réglementation environnementale de l'Union européenne, estimant qu'elle fragilise l'ensemble de l'industrie automobile. Il a décrit le Vieux Continent comme « le marché le plus difficile » de la planète, ajoutant que cette réglementation « tue tous les acteurs du secteur ». Ces déclarations, rapportées mercredi, reflètent le malaise grandissant des constructeurs face aux exigences climatiques de Bruxelles.
Le poids des normes et de la concurrence
Selon le dirigeant, les contraintes imposées par l'Union européenne – notamment les objectifs de réduction des émissions de CO₂ et le calendrier d'interdiction des moteurs thermiques – placent les groupes automobiles sous une pression insoutenable. Il a souligné que cette situation est aggravée par l'arrivée massive de concurrents chinois sur le marché européen, ces derniers bénéficiant de coûts de production plus bas et d'un soutien public important. « On se tire une balle dans le pied », a-t-il résumé, en référence à une politique qui, selon lui, affaiblit les champions européens au lieu de les protéger.
Un appel à une révision des règles
Ces critiques interviennent alors que plusieurs États membres et fédérations professionnelles appellent à assouplir le calendrier de la fin des moteurs thermiques, prévue pour 2035. Certains réclament une prise en compte des filières alternatives, comme les carburants de synthèse ou l'hydrogène, et une meilleure évaluation des capacités de production de batteries en Europe. Le patron de Stellantis Europe a implicitement rejoint ces appels en estimant que la réglementation actuelle, loin de favoriser l'innovation, « tue » l'industrie.
La position de Stellantis
Stellantis, quatrième constructeur automobile mondial, est particulièrement exposé au marché européen, où il réalise une part significative de ses ventes. Le groupe a déjà annoncé des investissements dans l'électrique, mais rencontre des difficultés liées à la hausse des coûts des matières premières et à la concurrence chinoise. En France, le constructeur compte parmi les premiers employeurs du secteur, et ses usines sont directement concernées par les choix de Bruxelles.
Des conséquences économiques redoutées
Au-delà des déclarations du dirigeant, les analystes du secteur s'inquiètent d'un possible déclin de la filière automobile européenne face à la concurrence asiatique. Plusieurs études récentes pointent un risque de délocalisations et de pertes d'emplois si les contraintes réglementaires ne sont pas accompagnées de mesures de soutien à la production locale. Les propos du directeur Europe de Stellantis s'inscrivent dans ce débat, qui divise aussi bien les industriels que les responsables politiques.
Un contexte de tensions commerciales
L'Union européenne a récemment annoncé l'instauration de droits de douane supplémentaires sur les véhicules électriques chinois, une mesure que Pékin a vivement critiquée, menaçant de représailles. Ce bras de fer commercial ajoute une couche d'incertitude pour les constructeurs, partagés entre la nécessité de respecter les normes européennes et celle de rester compétitifs sur un marché globalisé.