Une attaque massive avec un missile à capacité nucléaire

La Russie a confirmé avoir utilisé son missile balistique de portée intermédiaire Orechnik lors de bombardements nocturnes sur l'Ukraine, dans la nuit du 23 au 24 mai 2026. Le ministère de la Défense russe a précisé que cette frappe, combinée à des missiles Iskander, Kinjal et Tsirkon, visait des cibles militaires en réponse à des attaques « terroristes » ukrainiennes contre des infrastructures civiles russes. Cependant, selon les autorités ukrainiennes et des témoignages sur place, les bombardements ont touché des zones résidentielles à Kiev et dans plusieurs autres villes, faisant au moins quatre morts et plus d'une centaine de blessés.

La condamnation de Paris et des réactions internationales

Emmanuel Macron a réagi sur le réseau social X : « Les frappes russes se succèdent contre des objectifs civils en Ukraine, comme à nouveau cette nuit. La France condamne cette attaque et le recours au missile balistique Orechnik, qui signent surtout une forme de fuite en avant et l'impasse de la guerre d'agression de la Russie. » Le président français a également exhorté, lors d'un entretien téléphonique avec son homologue bélarusse Alexandre Loukachenko, à ne pas laisser la Biélorussie être « entraînée » dans ce conflit. Il a appelé à « des gestes nécessaires pour améliorer les relations entre la Biélorussie et l'Europe », selon son entourage. Minsk a confirmé l'appel, soulignant qu'il avait eu lieu à l'initiative de la France.

La cheffe de la diplomatie européenne, Kaja Kallas, a qualifié l'usage de l'Orechnik de « tactique d'intimidation politique et une forme téméraire de chantage nucléaire ». Elle a accusé Moscou de « terroriser l'Ukraine avec des frappes délibérées sur les centres-villes ». L'Italie a également réagi : Giorgia Meloni a « fermement condamné la violente attaque russe qui a de nouveau frappé les infrastructures civiles en Ukraine, avec une escalade progressive de l'importance des armes utilisées ».

Des dégâts collatéraux sur le bureau de l'OMS à Kiev

L'Organisation mondiale de la santé a annoncé que son bureau à Kiev a été endommagé par des débris de l'une des frappes. Le directeur général de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a indiqué sur X que des fenêtres du deuxième étage avaient été détruites, mais que personne n'a été blessé. Le bâtiment abrite également plusieurs autres agences onusiennes. Tedros a appelé à « un cessez-le-feu » et déclaré que « les attaques contre la santé et les civils doivent cesser ».

Une escalade militaire et diplomatique

L'utilisation du missile Orechnik, un engin balistique de portée intermédiaire pouvant transporter une charge nucléaire, marque une nouvelle étape dans la guerre. Pour les observateurs, ce déploiement intervient alors que les forces russes peinent à progresser sur le front et que Kiev continue de recevoir un soutien militaire occidental accru. La communauté internationale, par la voix de l'Union européenne et de plusieurs États membres, dénonce une « intimidation nucléaire » et réaffirme son soutien à l'Ukraine.

Alors que les combats se poursuivent, la France, via Emmanuel Macron, tente de dissuader la Biélorussie de s'engager davantage aux côtés de Moscou. L'appel à Loukachenko illustre la crainte d'une extension géographique du conflit, alors que Minsk a déjà autorisé le déploiement de troupes et d'armes russes sur son territoire.