La Garde civile espagnole a mené une perquisition au siège du Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE) à Madrid, dans le cadre d’une enquête judiciaire visant une ancienne militante du parti. Cette intervention, qui constitue un nouveau rebondissement dans la vie politique espagnole, intervient alors que le gouvernement de gauche est fragilisé par plusieurs affaires judiciaires.
Les agents de la Garde civile se sont présentés au siège national du PSOE, situé dans la rue de Ferraz, pour y recueillir des documents et des éléments liés à l’enquête. Celle-ci concerne une ex-militante du parti, dont l’identité n’a pas été officiellement divulguée, mais que les médias espagnols identifient comme une ancienne collaboratrice proche de la direction. Les faits reprochés n’ont pas été précisés dans l’immédiat, mais l’enquête serait liée à des soupçons de corruption ou de malversation.
Le PSOE a réagi en affirmant son respect de l’indépendance judiciaire, tout en exprimant sa « surprise » et son « incompréhension » face à cette perquisition. Dans un communiqué, le parti a déclaré n’avoir « rien à cacher » et s’est dit prêt à coopérer pleinement avec la justice. « Nous sommes tranquilles, nous n’avons rien à cacher », a déclaré une source interne au parti, citée par des médias locaux.
Cette affaire s’inscrit dans un climat politique déjà tendu pour le gouvernement du président Pedro Sánchez. Ces derniers mois, plusieurs enquêtes ont visé des membres ou des proches du PSOE, notamment dans le cadre de contrats publics suspects pendant la pandémie de Covid-19. L’opposition de droite et d’extrême droite a immédiatement saisi l’occasion pour dénoncer un « État gangrené par la corruption » et réclamer des explications au chef du gouvernement.
Le Parti populaire (PP), principale formation d’opposition, a appelé à la transparence totale. « Nous ne pouvons pas avoir un gouvernement qui se présente comme le gardien de l’éthique tout en étant plongé dans des affaires judiciaires », a déclaré un porte-parole du PP. De son côté, le parti d’extrême droite Vox a exigé la démission de Pedro Sánchez, l’accusant de « protéger les corrompus ».
La perquisition au siège du PSOE est d’autant plus symbolique qu’elle intervient à un moment où le gouvernement tente de relancer son agenda législatif, notamment sur le logement et la transition écologique. Les socialistes espèrent que cette affaire ne viendra pas entacher davantage leur image, alors que les sondages montrent un recul de leur popularité.
Les enquêteurs de la Garde civile devraient analyser les documents saisis dans les prochains jours pour déterminer s’ils contiennent des éléments susceptibles de faire avancer l’enquête. L’ex-militante visée, qui a déjà été entendue par les juges, nie toute irrégularité. Aucune mise en examen n’a été annoncée à ce stade.
Cette affaire relance le débat sur la probité des responsables politiques espagnols et sur l’efficacité des mécanismes de contrôle. Le gouvernement a promis de renforcer la transparence et de lutter contre la corruption, mais ces déclarations peinent à convaincre une opinion publique de plus en plus sceptique.