Les espoirs de voir aboutir un accord entre les États-Unis et l’Iran ont provoqué, ce lundi 25 mai, une détente sensible sur les marchés de l’énergie. Le baril de Brent est repassé sous la barre des 100 dollars, tandis que le prix de référence européen du gaz naturel perdait près de 5 %, à environ 46 euros le mégawattheure, dans des volumes d’échanges limités par la fermeture de certaines places financières européennes.
Des négociations en cours, un calendrier incertain
Le secrétaire d’État américain Marco Rubio avait évoqué, avec prudence, la possibilité que Washington dispose de « nouvelles » lundi concernant un potentiel accord avec l’Iran. Pourtant, dimanche, le président Donald Trump a tempéré les attentes en déclarant ne pas vouloir « se précipiter », quelques heures après avoir affirmé qu’un « accord de paix avait été largement négocié ». Aucune annonce officielle n’est intervenue ce week-end. La question du programme nucléaire iranien – en particulier le sort du stock d’uranium enrichi – et le dégel des avoirs iraniens gelés à l’étranger par les sanctions américaines constituent les principaux points de friction.
La navigation dans le détroit d’Ormuz au cœur des préoccupations
L’optimisme commercial repose en partie sur l’éventualité d’une normalisation du transit maritime dans le détroit d’Ormuz, par lequel transite environ 20 % du gaz naturel liquéfié (GNL) mondial. L’Iran a pour sa part indiqué qu’il imposait des frais pour des « services de navigation » – et non un péage – aux navires empruntant cette voie stratégique. Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, a précisé que ces redevances couvraient des prestations de navigation et des mesures de protection environnementale, tout en assurant que Téhéran « ne cherchait pas à percevoir de péage ».
Poursuite des hostilités au Liban
Parallèlement aux négociations, Israël a maintenu ses bombardements au Liban, visant selon l’État hébreu des positions du Hezbollah. Le Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahou, a annoncé lundi qu’il allait « intensifier » l’offensive pour « écraser » le mouvement pro-iranien, ajoutant avoir reçu de Donald Trump, lors d’un appel samedi, la garantie du « droit » d’Israël à « se défendre contre les menaces sur tous les fronts, y compris au Liban ». Ce même jour, le chef du gouvernement israélien a diffusé une vidéo dans laquelle il déclare vouloir « accélérer » les opérations.
Révélations sur l’état de santé du guide suprême iranien
Pour la première fois depuis sa désignation le 8 mars, un responsable iranien a qualifié de « superficielles » les blessures subies par le guide suprême Mojtaba Khamenei lors des frappes américano-israéliennes qui ont marqué le début du conflit, le 28 février. Celui-ci n’est pas apparu en public depuis son intronisation, se limitant à des déclarations écrites. Le secrétaire américain à la Défense, Pete Hegseth, avait affirmé le 13 avril que Khamenei était « blessé et probablement défiguré ». Ce commentaire rare émane d’un responsable iranien resté anonyme.
Trump appelle à une extension des accords d’Abraham
Dans un long message sur les réseaux sociaux, Donald Trump a exhorté plusieurs pays musulmans – dont l’Arabie saoudite, le Qatar et le Pakistan – à normaliser leurs relations avec Israël en signant les accords d’Abraham dans le cadre de tout accord de paix avec l’Iran. Il a indiqué avoir évoqué cette question lors de ses échanges téléphoniques samedi avec les dirigeants de ces pays, estimant qu’ils devraient être « obligés, au minimum » de parapher ces accords.
Le pape prend position contre la « guerre juste »
Dans sa première encyclique « Magnifica Humanitas » (Humanité magnifique), publiée lundi, le pape Léon XIV a appelé à dépasser la théorie de la « guerre juste » souvent invoquée, selon lui, pour « justifier n’importe quelle guerre ». Sans nommer expressément l’administration Trump, le texte pontifical déplore que « l’humanité glisse vers une culture violente de la puissance », tout en réaffirmant le droit à la légitime défense au sens le plus strict.
Conclusion : un équilibre fragile entre espoir de paix et escalade militaire
Si les marchés réagissent positivement aux perspectives de détente, les négociations entre Américains et Iraniens demeurent complexes et aucune échéance n’est fixée. La poursuite des frappes israéliennes au Liban et les divergences sur le nucléaire et les avoirs gelés rappellent que la voie vers une stabilisation régionale reste semée d’obstacles. Les prochains jours diront si les déclarations optimistes se concrétiseront en un accord formel.