Le Premier ministre britannique, Keir Starmer, a promis mardi de prendre des mesures « décisives » pour lutter contre l'impact des réseaux sociaux sur les enfants, à l'issue d'une rencontre avec des parents endeuillés à Downing Street. Cette réunion intervient alors que la consultation gouvernementale sur la sécurité des enfants en ligne s'achève.
Les parents présents, dont Ellen Roome et Mariano Janin, ont perdu leurs enfants — Jools Sweeney et Mia — respectivement en 2022 et 2021, des morts qu'ils attribuent aux conséquences des réseaux sociaux. « Nous ne voulons pas que ce groupe s'agrandisse », a déclaré l'un d'eux, appelant à ce que « toutes nos demandes soient respectées ».
Des parents « sceptiques » sur les promesses
Malgré les engagements du Premier ministre, plusieurs parents ont exprimé leur défiance. « Suis-je confiante ? Absolument pas », a déclaré Ellen Roome à l'issue de la réunion. « Nous l'avons entendu tant de fois auparavant », a-t-elle ajouté, se disant « sceptique » tant qu'elle ne verra pas de changement concret. Mariano Janin a lui aussi dit vouloir « croire » que Starmer agira, mais constate que le « statu quo » demeure, avec des entreprises technologiques qui continuent de déployer des produits comme des chatbots d'intelligence artificielle à un rythme soutenu.
La consultation gouvernementale se clôture
La consultation menée par le gouvernement, qui recueille les avis des parents, des enfants et des experts sur les mesures à prendre, s'est achevée mardi soir. Parmi les options envisagées figurent l'interdiction des réseaux sociaux pour les moins de 16 ans — comme cela a été fait en Australie —, des couvre-feux numériques ou le désactivation de fonctionnalités comme la lecture automatique et le défilement infini. Plus de 80 000 contributions ont été soumises, dont 42 410 questionnaires remplis par des parents et 13 890 par des jeunes, selon des données gouvernementales.
La secrétaire d'État à la Technologie, Liz Kendall, a indiqué qu'une réponse à la consultation serait publiée d'ici l'été, et que de nouvelles mesures pour les moins de 16 ans seraient en place d'ici la fin 2026. « La question n'est pas de savoir si nous allons agir — nous le ferons », a-t-elle affirmé. Elle a précisé que le gouvernement examinait un large éventail de plateformes, y compris celles qui échappent aux restrictions australiennes comme Roblox et Discord.
Streeting critique l'inaction passée
L'ancien secrétaire à la Santé, Wes Streeting, qui a démissionné du gouvernement récemment, a accusé les régulateurs et les hommes politiques d'être « endormis au volant ». Dans un entretien, il a comparé les tactiques des grandes entreprises technologiques à celles de l'industrie du tabac, concevant des plateformes addictives nocives pour les enfants. « Le principe de précaution devrait s'appliquer ici », a-t-il déclaré, estimant que le Royaume-Uni est « en retard » sur ce dossier. Il a dit faire confiance à Liz Kendall pour agir rapidement.
Des approches divergentes parmi les acteurs
Les voix se multiplient pour réclamer des actions, mais les approches divergent. Des responsables de la police ont appelé à cibler les fonctionnalités plutôt que les applications, proposant d'interdire aux moins de 16 ans les fonctionnalités « à haut risque » comme la messagerie privée. L'association TechUK, par la voix de sa directrice déléguée Donya Soni-Clark, s'est dite favorable à « une régulation par fonctionnalités, non par plateforme ».
De son côté, l'Académie des collèges royaux de médecine a publié mardi une contribution recommandant que les médecins interrogent systématiquement les jeunes patients sur leur utilisation des écrans et des réseaux sociaux. L'organisation a cité des exemples de problèmes physiques et mentaux causés par l'exposition à la violence extrême en ligne, tout en notant qu'il n'existe pas de consensus scientifique sur les effets néfastes globaux du temps d'écran sur les enfants.
Prochaines étapes
Le gouvernement s'est engagé à publier sa réponse à la consultation durant l'été. Les parents et les associations restent attentifs, espérant que cette fois, les promesses se traduiront par des actes concrets pour protéger les enfants des dangers potentiels des réseaux sociaux.