« Si vous êtes toujours sur le X d’Elon Musk, demandez-vous pourquoi ». C’est le titre de la tribune incisive signée par le chroniqueur Jonathan Liew, publiée le 28 mai 2026 dans le quotidien britannique The Guardian. L’auteur, qui a supprimé son compte en 2024, y dénonce une plateforme devenue selon lui irrécupérable, au service de « la désinformation et des acteurs malveillants ».
Un constat sans appel
Liew s’appuie sur des exemples concrets pour illustrer la dérive du site. Il relate ainsi un lundi matin ordinaire sur X, où plusieurs tweets prétendument signés par des figures du football – comme le buteur de Tottenham Richarlison, l’entraîneur de Manchester City Pep Guardiola, le défenseur de Liverpool Andrew Robertson ou l’ancien joueur de Manchester United Gary Neville – ont été massivement partagés et commentés. Or, ces citations étaient toutes inventées. « Le fait qu’aucune d’elles n’était réelle n’était qu’un inconvénient mineur », écrit-il.
Pour le chroniqueur, cet épisode n’est pas anecdotique : il révèle la mécanique profonde d’un réseau social où « le seul but est de débattre de choses, de raviver des querelles existantes et de renforcer des préjugés déjà installés ». La véracité des faits y devient secondaire.
Une plateforme au 15e rang mondial
Liew rappelle que X se classe au 15e rang des réseaux sociaux les plus populaires au monde. Il estime que certains utilisateurs justifient leur présence par la nécessité de ne pas « laisser le terrain aux acteurs malveillants ». Un argument qu’il juge désormais caduc : « C’est un égout ouvert, au-delà de toute rédemption. »
L’auteur ne propose pas de solution technique ou politique, mais il invite chacun à une réflexion personnelle : pourquoi continuer à alimenter une machine qui, selon lui, prospère sur la confusion, la colère et la désinformation ?
Un débat qui dépasse le sport
Si la tribune prend comme point de départ des exemples sportifs, son propos dépasse largement ce cadre. Elle s’inscrit dans un débat plus large sur la responsabilité des utilisateurs de réseaux sociaux face à la dégradation de la qualité de l’information en ligne. Elon Musk, propriétaire de X depuis son acquisition fin 2022, y est implicitement désigné comme le principal artisan de cette évolution, à travers sa politique de modération réduite et son algorithme favorisant les contenus polémiques.
L’article de Jonathan Liew ne constitue pas une enquête factuelle, mais un point de vue assumé. Il a le mérite de poser une question simple, que des millions d’utilisateurs sont invités à se poser : rester sur X est-il encore un choix pertinent, ou devient-il une forme de complicité avec un système dysfonctionnel ?