Face à un épisode de canicule, les règles applicables dans le monde professionnel visent à protéger la santé des salariés tout en fixant des obligations précises aux employeurs. Le code du travail encadre les conditions de travail en cas de fortes chaleurs, notamment via le droit de retrait, l'accès à l'eau potable et l'aménagement des pauses.
Le droit de retrait : un mécanisme encadré
Tout salarié peut exercer son droit de retrait s'il estime que ses conditions de travail présentent un danger grave et imminent pour sa santé. En cas de canicule, ce droit peut être invoqué si la température ambiante expose le travailleur à un risque sérieux, par exemple un coup de chaleur. L'employeur ne peut pas sanctionner un salarié qui se retire dans ce cadre, à condition que la situation le justifie réellement. En cas de litige, l'inspection du travail peut être saisie pour évaluer le bien-fondé du retrait.
L'obligation de fournir de l'eau potable
L'employeur a l'obligation de mettre à disposition des salariés de l'eau potable et fraîche. Cette disposition est particulièrement impérative lors d'épisodes de fortes chaleurs. Les travailleurs doivent pouvoir s'hydrater régulièrement sans contrainte excessive. Des installations adaptées, comme des fontaines à eau ou des distributeurs, doivent être accessibles sur le lieu de travail.
L'aménagement des pauses et des conditions de travail
Les pauses doivent être aménagées pour permettre aux salariés de se reposer dans un endroit frais ou climatisé. Les employeurs doivent également adapter les horaires de travail si nécessaire, par exemple en décalant les plages horaires ou en réduisant la durée des tâches physiques. Les espaces de travail doivent être ventilés ou climatisés, et des protections solaires peuvent être installées pour les postes exposés en extérieur.
Des sanctions prévues en cas de non-respect
Le non-respect de ces obligations expose l'employeur à des sanctions, pouvant aller jusqu'à des poursuites pénales pour mise en danger de la vie d'autrui ou pour entrave au droit de retrait. L'inspection du travail peut effectuer des contrôles et ordonner la fermeture temporaire d'un établissement si les conditions présentent un risque grave.
Les secteurs particulièrement concernés
Les métiers du bâtiment, de l'agriculture, de la voirie ou encore de la logistique sont les plus exposés. Les travailleurs en extérieur ou dans des locaux non climatisés sont particulièrement vulnérables. Des recommandations spécifiques existent pour ces secteurs, notamment le port de vêtements légers, le travail en équipe pour surveiller les signes de malaise et l'hydratation toutes les 15 à 20 minutes.
En cas de malaise ou de coup de chaleur
Si un salarié présente des symptômes de coup de chaleur (maux de tête, nausées, confusion, peau chaude et sèche), il faut immédiatement l'installer dans un endroit frais, le faire boire par petites gorgées et appeler les secours. L'employeur doit avoir mis en place une procédure d'urgence et formé les salariés aux gestes qui sauvent.