Une suppression discrète mais effective
France Travail a officiellement supprimé, à compter du 8 mai 2026, son aide au financement de la validation des acquis de l'expérience (VAE) destinée aux demandeurs d'emploi. La décision a été entérinée par une délibération du 30 avril 2026, mais n'a fait l'objet d'aucune communication publique de la part de l'opérateur. Ce changement, passé inaperçu, a été révélé par des sources parlementaires.
Un outil précieux pour les chômeurs
La VAE permet à toute personne, quel que soit son âge, son statut ou son niveau de formation, de faire reconnaître officiellement les compétences acquises au cours de son parcours professionnel ou personnel, et d'obtenir tout ou partie d'une certification. Pour les demandeurs d'emploi, elle constitue un atout considérable : en transformant des années d'expérience en diplôme, elle crédibilise leur parcours, rassure les recruteurs et facilite l'accès à des postes jusqu'alors difficilement accessibles, souvent assortis d'une meilleure rémunération.
Des chiffres en forte baisse
Selon les données fournies par l'établissement public, seuls 1 180 demandeurs d'emploi ont bénéficié de ce financement en 2025, pour un montant total de 813 287 euros, soit un financement moyen de 689 euros par personne. Ce chiffre est en net recul par rapport à 2022, où l'aide concernait environ 3 000 chômeurs, soit une baisse de 61 % en volume et de 55 % du budget alloué.
Le CPF comme alternative
France Travail justifie cette suppression par l'évolution du paysage des financements. Depuis le 1er août 2025, toute personne souhaitant entreprendre une VAE peut financer son parcours via son compte personnel de formation (CPF). En 2025, plus de 9 600 VAE ont déjà été financées uniquement par ce biais. L'opérateur explique que « ces évolutions ont fortement réduit les demandes d'aide auprès de France Travail », et que « les financements CPF remplaçant progressivement ses propres aides, l'établissement a décidé de supprimer son dispositif dédié, dans une logique de simplification, de sécurisation des parcours et d'harmonisation des dispositifs de financement ».
Conséquences pour les formations coûteuses
Si les VAE proposées par les universités restent abordables (entre 200 et 500 euros), il en va tout autrement pour les établissements privés, notamment certaines écoles de commerce ou d'ingénieurs, où la facture peut atteindre plusieurs dizaines de milliers d'euros par an. Dans ce cas, le solde du CPF du bénéficiaire pourrait s'avérer insuffisant. France Travail précise toutefois que le Conseil régional peut venir compléter le financement, et qu'en dernier recours, l'opérateur public lui-même peut encore intervenir pour couvrir les frais restants.
Une économie modeste dans un contexte de restrictions budgétaires
Cette suppression s'inscrit dans un effort plus large de réduction des coûts pour France Travail, alors que le budget 2026 prévoit déjà la suppression de 515 postes. L'économie réalisée, bien que modeste au regard du budget global de l'opérateur, illustre la volonté de l'établissement de rationaliser ses aides au profit de dispositifs existants, comme le CPF. Reste à savoir si les demandeurs d'emploi les plus éloignés de l'emploi, notamment ceux disposant de peu d'heures sur leur CPF, ne seront pas pénalisés par cette mesure.