Au moins sept civils palestiniens ont été tués dans deux frappes israéliennes distinctes menées ces derniers jours dans la bande de Gaza, selon des sources médicales et sécuritaires locales. Ces nouveaux décès surviennent alors que la guerre entre Israël et le Hamas, déclenchée en octobre 2023, continue de faire des victimes parmi la population civile.

Première frappe : un bilan lourd dans le centre de Gaza

La première frappe a visé un bâtiment résidentiel dans le camp de réfugiés de Nousseirat, situé dans le centre de l’enclave palestinienne. L’attaque a provoqué l’effondrement de l’immeuble, ensevelissant plusieurs familles sous les décombres. Les secouristes ont pu extraire les corps de quatre personnes, dont deux enfants et une femme. Plusieurs blessés ont également été transportés vers l’hôpital Al-Awda, où leur état est jugé critique. Des témoins ont rapporté que l’immeuble ne semblait abriter aucune activité militaire.

Deuxième frappe : une frappe aérienne à Rafah

Une seconde frappe aérienne a ciblé un secteur résidentiel de Rafah, dans le sud de la bande de Gaza. Selon des sources médicales, trois civils, parmi lesquels un adolescent, ont été tués sur le coup. L’attaque a également endommagé plusieurs maisons voisines et une école gérée par l’ONU, qui accueillait des déplacés. L’armée israélienne a indiqué, dans un communiqué, avoir visé « un site de lancement de roquettes du Hamas » situé à proximité, sans fournir de preuves immédiates. Des représentants de l’UNRWA ont dénoncé un « nouveau bilan tragique au sein de la population civile ».

Contexte humanitaire critique

Ces frappes s’inscrivent dans une escalade militaire qui a déjà fait des dizaines de milliers de morts, en majorité des civils, et provoqué une catastrophe humanitaire majeure dans la bande de Gaza. Plus de 1,9 million de personnes sont déplacées, souvent sans accès suffisant à l’eau, à la nourriture et aux soins. Les hôpitaux, déjà submergés, peinent à faire face aux afflux de blessés. Les frappes contre des infrastructures civiles, y compris des camps de réfugiés et des écoles, ont été condamnées par plusieurs organisations humanitaires, qui rappellent le droit international humanitaire protégeant les civils en temps de guerre.

La communauté internationale reste largement divisée. Alors que les États-Unis et plusieurs pays européens continuent de soutenir le droit d’Israël à se défendre, des appels croissants se font entendre pour un cessez-le-feu immédiat et inconditionnel. Les négociations en vue d’une trêve, menées par l’Égypte et le Qatar, n’ont pour l’instant abouti à aucun accord.

Les autorités israéliennes affirment pour leur part que leurs frappes ciblent exclusivement des infrastructures militaires du Hamas, accusant le mouvement islamiste d’utiliser les civils comme boucliers humains. Les témoignages recueillis par des journalistes sur place, mentionnant des immeubles résidentiels et des écoles touchés, jettent toutefois le doute sur cette affirmation dans au moins deux cas récents.

Réactions officielles et diplomatiques

Le ministère de la Santé à Gaza, contrôlé par le Hamas, a qualifié ces frappes de « massacres délibérés » et a appelé la communauté internationale à « agir d’urgence pour protéger les civils ». De son côté, le gouvernement israélien a réitéré que toutes ses opérations « respectent le droit international » et « visent à éliminer la menace terroriste ». L’ONU, par la voix de son secrétaire général, a une nouvelle fois exigé une enquête indépendante sur les pertes civiles.

Ces frappes, qui surviennent alors que les combats se sont intensifiés dans le sud de la bande de Gaza, illustrent la difficulté croissante de protéger les populations civiles dans ce conflit. L’armée israélienne a ordonné de nouvelles évacuations dans plusieurs secteurs de Khan Younès et de Rafah, anticipant des opérations terrestres élargies. Des milliers de personnes, déjà déplacées à plusieurs reprises, se retrouvent une fois de plus sur les routes, sans savoir où trouver refuge.