Grimsby, station balnéaire du nord-est de l'Angleterre, porte un lourd surnom : celui de « capitale du non-travail » britannique. Le chômage y frappe durement, en particulier les jeunes. Dans ce contexte, Cohen, 19 ans, incarne une génération qui refuse de baisser les bras, mais se heurte à un marché de l'emploi défaillant et à un manque de soutien.

Une initiative personnelle pour s'en sortir

Faute de trouver un emploi salarié, Cohen a lancé l'année dernière sa propre micro-entreprise baptisée Co Co Mascots. Il propose ses services en se déguisant en lapin de Pâques ou en d'autres costumes pour des anniversaires, des événements et des surprises au pas de porte. Quelques missions payées ont déjà eu lieu, ce qui a renforcé sa confiance en lui. « J'ai eu quelques concerts payés, c'était un boost pour mon assurance », confie-t-il. Mais son objectif reste un poste permanent.

Un quotidien marqué par la précarité

Lors d'une après-midi à Cleethorpes, la ville voisine, Cohen enfile un costume de lapin dans une voiture, sous le regard amusé d'adolescents. Il espère ainsi réaliser de nouvelles photos pour promouvoir son activité durant les fêtes. Ce genre d'initiative témoigne de sa détermination, mais aussi de l'absence de perspectives stables. Il vit toujours chez ses parents, à quelques kilomètres de là, à Grimsby.

Un territoire en difficulté

Grimsby souffre d'un taux de chômage élevé, particulièrement chez les moins de 25 ans, ce qui lui vaut cette réputation peu flatteuse. Les infrastructures de soutien à l'emploi sont jugées insuffisantes par les jeunes rencontrés. Le parcours de Cohen illustre les obstacles quotidiens : il a tenté de multiples recherches d'emploi avant de se tourner vers l'auto-entrepreneuriat.

Des aspirations malgré tout

S'il avoue que les petits boulots en costume lui ont redonné un peu d'assurance, Cohen ne cache pas sa lassitude. « Ce que je veux vraiment, c'est un travail permanent », insiste-t-il. Son histoire est celle de nombreux jeunes de Grimsby qui, faute de débouchés locaux, doivent se montrer créatifs pour survivre. Entre espoir et résignation, cette génération cherche des solutions, mais réclame aussi davantage d'aide de la part des pouvoirs publics.