Le président américain Donald Trump a déclaré samedi qu’un accord entre les États-Unis et l’Iran pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient avait été « largement négocié », tout en précisant qu’il était « sous réserve d’être finalisé » entre les deux pays et d’autres acteurs régionaux. Dans un message publié sur sa plateforme Truth Social, il a indiqué que le projet d’accord inclut la réouverture du détroit d’Ormuz, voie stratégique par laquelle transitait un cinquième des hydrocarbures mondiaux avant le conflit. Cette annonce intervient alors que des informations non officielles faisaient état, vendredi, de possibles nouvelles frappes américaines contre l’Iran durant le week-end.

Plus tôt dans la journée, M. Trump avait estimé, lors d’un entretien téléphonique, que l’accord « se rapproche grandement » et avait évalué à « 50-50 » les chances d’un « bon » accord ou d’une reprise de la guerre. « Chaque jour, ça s’améliore », avait-il affirmé.

L’Iran confirme un protocole d’accord en 14 points

De son côté, le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, a confirmé samedi que son pays était « en phase de finalisation » d’un protocole d’accord avec les États-Unis. Il a précisé que ce texte comporte « 14 clauses » et que les discussions portent notamment sur « la fin des actes de piraterie menées par les États-Unis contre la navigation internationale », en référence au blocus naval imposé par Washington le 12 avril. Ce blocus avait été décrété après que l’Iran avait de facto bloqué le détroit d’Ormuz depuis le début du conflit.

M. Baghaï a toutefois exclu, « à ce stade », toute inclusion du dossier nucléaire iranien dans le cadre de l’accord. « Nous savons que notre dossier nucléaire a servi de prétexte à deux guerres d’agression contre le peuple iranien », a-t-il déclaré à la télévision d’État Irib. Il a également fait état d’une « tendance au rapprochement » après plusieurs semaines de pourparlers bilatéraux.

Hezbollah et Liban : une condition iranienne

Le Hezbollah libanais a affirmé samedi avoir reçu un message du ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, assurant que l’Iran « ne renoncera pas à son soutien aux mouvements qui réclament la justice et la liberté, au premier rang desquels le Hezbollah ». Selon un communiqué du groupe, la dernière proposition iranienne transmise à Washington par des médiateurs pakistanais inclut la demande que le Liban soit intégré dans un cessez-le-feu, condition nécessaire à une « fin permanente » de la guerre.

Divergences entre Washington et Tel-Aviv ?

Donald Trump a indiqué avoir eu un entretien téléphonique avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu « séparément » de sa discussion avec plusieurs dirigeants d’États du Golfe. Selon des informations circulant dans les médias américains, des stratégies divergentes opposeraient les deux alliés, M. Trump poussant pour une solution diplomatique tandis que M. Netanyahu souhaiterait reprendre les combats. Le président américain a qualifié l’appel avec M. Netanyahu de « très bien passé » sur Truth Social.

Rubio optimiste, Ghalibaf menace

Le secrétaire d’État américain Marco Rubio, en déplacement à New Delhi, a estimé qu’il y avait « une chance » que l’Iran accepte un accord dès samedi. « Il est possible que plus tard aujourd’hui, demain ou dans quelques jours, nous ayons des informations à communiquer », a-t-il déclaré, espérant de « bonnes nouvelles ».

En revanche, le principal négociateur iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, a promis une réponse « écrasante » si les États-Unis reprenaient la guerre. Cette déclaration contraste avec le ton conciliant affiché par le porte-parole diplomatique et illustre les tensions internes autour des négociations.

Alors que les pourparlers semblent entrer dans une phase décisive, la communauté internationale reste en attente d’un éventuel accord qui pourrait mettre fin à des mois de conflit dévastateur au Moyen-Orient.