La mairie d’Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais), dirigée par Steeve Briois (Rassemblement national), a infligé des sanctions sévères à deux agents municipaux syndiqués. Un homme et une femme, tous deux membres de SUD Collectivités territoriales (SUD CT), ont été exclus temporairement de la fonction publique, a révélé une enquête journalistique. Les griefs retenus contre eux ont pourtant été rejetés par les conseils de discipline.

Des accusations balayées par les instances disciplinaires

Le premier agent visé s’est vu reprocher des « conflits d’intérêts » en lien avec ses activités associatives. La seconde agente est accusée d’avoir eu un « comportement désagréable » et d’avoir « dénigré » un photomaton municipal. Selon les éléments recueillis, ces motifs ont été systématiquement écartés par les conseils de discipline, qui n’y ont pas vu de fautes justifiant des sanctions. Malgré cela, Steeve Briois a maintenu sa décision de les exclure temporairement de la fonction publique.

Un contexte politique tendu

Steeve Briois entame son troisième mandat à la tête de la ville. Cette affaire intervient alors que la gestion du personnel municipal par l’équipe RN est régulièrement pointée du doigt par les syndicats. Les deux agents sanctionnés sont décrits comme des militants syndicaux actifs. Leur mise à l’écart est présentée par certains observateurs comme un cas de « répression syndicale pure », selon des termes employés dans l’enquête.

Les réactions syndicales

Les syndicats, notamment SUD CT, dénoncent une volonté délibérée de faire taire les voix critiques au sein de l’administration communale. Ils estiment que ces sanctions visent à affaiblir la représentation syndicale et à intimider les autres agents. Aucune déclaration officielle de la mairie n’a pour l’instant été rendue publique pour justifier le maintien des sanctions après l’avis des conseils de discipline.

Des précédents dans la région

Cette affaire s’inscrit dans une série de tensions entre la mairie d’Hénin-Beaumont et son personnel. Depuis l’arrivée du Rassemblement national à la tête de la ville, plusieurs contentieux ont opposé l’administration aux syndicats. Les pratiques de gestion des ressources humaines sont régulièrement critiquées par les organisations de salariés, qui dénoncent un management autoritaire et une instrumentalisation des procédures disciplinaires.

Des sanctions contestées

Les deux agents concernés devraient contester ces sanctions devant les tribunaux administratifs. Leurs avocats estiment que les motifs invoqués par le maire ne constituent pas des fautes disciplinaires et que la procédure a été biaisée. L’issue de ces recours reste incertaine, mais elle pourrait avoir un impact sur les pratiques de la mairie en matière de droits syndicaux.

Conclusion

Cette affaire met en lumière les difficultés persistantes du dialogue social à Hénin-Beaumont. Alors que les conseils de discipline ont donné raison aux agents, le maire a choisi d’imposer des sanctions lourdes, suscitant l’indignation des syndicats et de plusieurs élus locaux. L’affaire pourrait avoir des répercussions bien au-delà de la commune, dans le débat national sur les libertés syndicales dans les collectivités territoriales.