Un foyer sous contrôle
Les autorités sanitaires argentines et plusieurs infectiologues réunis à Buenos Aires ont livré une évaluation rassurante sur l'épisode d'hantavirus qui a touché un bateau de croisière. Au 30 mai, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) recensait treize cas confirmés ou probables liés à cette épidémie, dont trois décès parmi les passagers. Le navire MV Hondius, qui reliait Ushuaïa, en Argentine, à l'archipel du Cap-Vert, a vu son voyage interrompu après la survenue de ces contaminations.
Des déclarations convergentes
Samedi 30 mai, à l'occasion du congrès annuel de la Société argentine d'infectiologie, plusieurs experts se sont exprimés sur l'évolution de la situation. Carla Bellomo, biologiste au Laboratoire des hantavirus de l'Institut Malbrán, a indiqué que l'infection « semble être assez bien maîtrisée ». Ce centre de recherche et de diagnostic épidémiologique est une référence nationale.
Enzo Lavarra, coordinateur en infectiologie à l'hôpital d'Esquel, dans la province de Chubut, a abondé dans le même sens : « Cela ne devrait pas aller beaucoup plus loin que là où on en est actuellement. » Il a précisé que la souche en cause, dite Andes, est transmissible entre humains et qu'elle circule dans le sud du Chili et de l'Argentine. Cette souche est véhiculée par le rat à longue queue, présent dans la région andine de Patagonie. Lavarra avait déjà été confronté à une précédente épidémie d'hantavirus à Epuyén, située à une centaine de kilomètres au nord d'Esquel, laquelle avait fait onze morts entre décembre 2018 et mars 2019.
Teresa Strella, infectiologue et épidémiologiste à l'hôpital de Puerto Madryn (Chubut), a renchéri : « Il semble également que cela s'arrête là. » Elle a toutefois souligné que l'hantavirus demeure un défi majeur pour la santé publique et qu'il exige « une réflexion et une prise de conscience collective ». Le conseiller médical du ministère argentin de la Santé, Esteban Couto, a également participé à la conférence et partagé cette analyse.
Le navire désinfecté reprend la mer
Parallèlement, les opérations de nettoyage et de désinfection du MV Hondius ont été menées à bien. Le navire a été amarré à Rotterdam, aux Pays-Bas, où une équipe spécialisée est intervenue. Les autorités ont confirmé que le bateau reprendra son programme de croisières à compter du 13 juin. Cette reprise intervient après une procédure complète de décontamination.
Un virus sans traitement spécifique
L'hantavirus est une maladie rare pour laquelle il n'existe ni vaccin ni traitement spécifique. La souche Andes est particulièrement préoccupante car elle peut se transmettre d'humain à humain, contrairement à d'autres formes du virus. L'épisode actuel, bien que limité, rappelle la vulnérabilité des zones où le réservoir animal est présent. Les experts argentins ont insisté sur la nécessité de maintenir une vigilance épidémiologique et de renforcer la prévention dans les régions concernées.
En attendant, les treize cas recensés par l'OMS et les trois décès constituent le bilan officiel de cette crise. Les autorités sanitaires argentines, en lien avec les instances internationales, continuent de surveiller les contacts et d'appliquer des mesures de quarantaine si nécessaire. La déclaration des experts lors du congrès de Buenos Aires semble confirmer que le pic de l'épidémie est passé.