Le directeur général de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), Tedros Gebreyesus, s’est posé ce samedi à Bunia, chef-lieu de la province de l’Ituri, dans l’est de la République démocratique du Congo. Cette ville constitue le foyer principal de l’épidémie de fièvre hémorragique à virus Ebola qui sévit dans la région.
Selon les autorités sanitaires, plus d’un millier de cas suspects ont été recensés depuis le début de la flambée épidémique, dont 246 décès. L’OMS avait déclenché une alerte sanitaire internationale face à la progression de la maladie. L’arrivée de son plus haut responsable illustre l’urgence de la situation et la volonté de renforcer la coordination sur le terrain.
Une visite centrée sur la mobilisation communautaire
Pour Tedros Gebreyesus, la lutte contre le virus doit impérativement s’appuyer sur une collaboration étroite avec les populations locales. « La bataille contre Ebola se gagne avec la confiance et l’engagement des communautés », a-t-il déclaré peu après son atterrissage, en insistant sur la nécessité d’adapter les réponses sanitaires aux réalités culturelles et sociales de la zone touchée.
Bunia et sa région sont confrontées à des défis logistiques majeurs : infrastructures de santé dégradées, déplacement de populations, et défiance historique envers les intervenants extérieurs. Les équipes de l’OMS déployées sur place tentent de conjuguer surveillance épidémiologique, vaccination ciblée et sensibilisation.
Un contexte régional sous tension
L’épidémie actuelle est l’une des plus meurtrières depuis la résurgence du virus dans cette partie de l’Afrique. Les pays voisins, en particulier l’Ouganda, ont renforcé leurs mesures de contrôle aux frontières. L’alerte internationale activée par l’OMS permet de coordonner l’aide et de limiter les risques de propagation transfrontalière.
La visite de Tedros Gebreyesus intervient alors que des rumeurs et des informations erronées circulent dans la population, compliquant le travail des soignants. L’organisation mise sur une communication de proximité pour rétablir la confiance. Des réunions avec les autorités provinciales et les représentants communautaires sont prévues dans les prochains jours.
Le directeur général de l’OMS devrait également se rendre dans d’autres centres de traitement de la région avant de regagner le siège de l’organisation à Genève. Son déplacement vise à évaluer les besoins urgents et à accélérer la réponse internationale face à cette flambée qui menace de s’étendre.