Hong Kong est désormais la première place financière offshore au monde, détrônant la Suisse. Cette information provient du rapport 2026 du Boston Consulting Group (BCG) sur la gestion de patrimoine, qui a révélé que Hong Kong a dépassé la Confédération helvétique en 2025 en termes d'actifs sous gestion offshore.
Selon ce rapport, les actifs offshore de Hong Kong ont augmenté d'environ 25 % en 2025, pour atteindre environ 4 600 milliards de dollars. De son côté, la Suisse a enregistré une croissance plus modeste d'environ 2 %, avec un total d'environ 4 500 milliards de dollars. L'étude du BCG indique que les prévisions suggèrent une poursuite de cette tendance, avec Hong Kong bénéficiant d'un taux de croissance annuel composé prévu de 8 à 10 % jusqu'en 2029, contre 3 à 5 % pour la Suisse.
Contexte et facteurs de la croissance
La progression de Hong Kong s'explique par plusieurs facteurs. La région administrative spéciale chinoise a renforcé son attractivité en tant que hub financier, notamment en accueillant les flux de capitaux en provenance de la Chine continentale. Les politiques de Pékin visant à intégrer davantage l'économie de Hong Kong à celle du continent ont stimulé les entrées de fonds. En outre, l'instabilité géopolitique et les incertitudes réglementaires en Europe ont poussé certains investisseurs à se tourner vers l'Asie.
Le rapport du BCG souligne également que la croissance de Hong Kong a été portée par l'afflux de capitaux en provenance du Moyen-Orient et de l'Asie du Sud-Est, des régions où les relations économiques avec la Chine se sont intensifiées. La position de Hong Kong comme porte d'entrée vers la Chine continentale pour les investissements étrangers demeure un atout central.
Déclin relatif de la Suisse
La Suisse, longtemps considérée comme la référence incontestée de la finance offshore, a vu son avance s'éroder progressivement. L'étude du BCG attribue ce recul à une concurrence accrue, à des réglementations plus strictes en matière de transparence fiscale à l'échelle internationale, et à la montée en puissance de hubs concurrents. Le secret bancaire suisse, qui a fait la fortune de la place financière helvétique, a été significativement affaibli par les pressions de l'Union européenne et de l'OCDE.
Implications pour l'industrie financière
Ce changement de leader a des implications considérables. Il confirme le basculement de l'activité financière mondiale vers l'Asie. Selon le BCG, la région Asie-Pacifique (hors Japon) devrait représenter plus de la moitié de la croissance de la gestion de fortune mondiale au cours des cinq prochaines années. Les banques et les gestionnaires d'actifs internationaux pourraient être amenés à repenser leurs stratégies, en augmentant leur présence à Hong Kong et en réduisant leur exposition à la Suisse.
Cependant, le rapport note que la position de Hong Kong n'est pas sans défis. La ville a connu des turbulences politiques et des restrictions sanitaires sévères ces dernières années, ce qui a temporairement nui à son attractivité. Les prévisions du BCG tablent sur une stabilisation du climat des affaires et sur la capacité de Hong Kong à maintenir un système juridique indépendant et une libre circulation des capitaux, conditions essentielles à son statut de hub offshore.
Réactions et perspectives
Les autorités de Hong Kong ont salué cette nouvelle. Le secrétaire aux Finances de la région, Paul Chan, a déclaré que ce classement reflétait la confiance des investisseurs internationaux dans la place financière hongkongaise. Il a également réaffirmé l'engagement de son gouvernement à maintenir un environnement commercial stable et prévisible.
Du côté suisse, les banquiers ont minimisé l'importance de ce dépassement, soulignant que la Suisse conserve une forte spécialisation dans les segments de très haute valeur ajoutée et la gestion de fortune pour les clients ultra-riches. Le rapport du BCG confirme d'ailleurs que la Suisse reste un leader dans la détention d'actifs pour les grandes fortunes et que sa part de marché dans ce segment précis demeure élevée.
L'étude du BCG prévoit que le marché mondial de la gestion de fortune offshore atteindra environ 8 800 milliards de dollars d'ici 2029, contre environ 5 700 milliards en 2025. Dans ce contexte, la compétition entre les hubs financiers devrait s'intensifier, avec Singapour également en embuscade, affichant une croissance soutenue.