Les ménages français ont vu leur moral se dégrader nettement au mois de mai. Selon l’enquête mensuelle de conjoncture publiée par l’Insee, l’indicateur qui synthétise leur confiance a reculé de trois points par rapport au mois d’avril, pour s’établir à 92. Ce niveau est inférieur à sa moyenne de long terme, fixée à 100.
Une inquiétude croissante face au chômage
L’une des principales raisons de ce pessimisme réside dans la perception du marché du travail. La proportion de ménages estimant que le chômage va augmenter dans les douze prochains mois a bondi de 13 points, atteignant son plus haut niveau depuis juin 2024. Cette crainte renforcée du chômage pèse directement sur le moral des consommateurs.
Des perspectives économiques très sombres
L’opinion des ménages sur leur situation personnelle et l’environnement économique global s’est également dégradée. L’indicateur reflétant leur capacité à épargner a perdu six points, tandis que celui mesurant le niveau de vie futur en France a chuté de sept points. Cette défiance est la plus marquée depuis novembre 2024.
Parallèlement, les ménages sont plus pessimistes quant à l’évolution de leur situation financière personnelle à venir : l’indicateur a perdu cinq points. Les anticipations d’inflation, bien que toujours élevées, continuent de s’éroder. Elles ont reculé de cinq points, mais restent à un niveau jugé anormalement haut par l’institut de statistiques.
Un climat de défiance généralisé
L’enquête de l’Insee montre que ce pessimisme touche l’ensemble des composantes du moral des ménages. L’opportunité de faire des achats importants est jugée défavorable, avec un solde d’opinion qui se dégrade. Les ménages sont également moins nombreux à considérer qu’il est opportun d’épargner, signe d’une inquiétude sur leur pouvoir d’achat immédiat.
Ce repli de la confiance intervient dans un contexte marqué par une inflation persistante et des craintes sur la croissance économique. Les mauvaises nouvelles économiques, qui se sont enchaînées ces dernières semaines, ont contribué à démoraliser les Français. L’Insee souligne que cet indicateur est un signal important pour anticiper la consommation des ménages, moteur traditionnel de l’économie française.
Un indicateur suivi de près par les autorités
Avec ce nouveau recul, l’indicateur de confiance des ménages se rapproche de ses plus bas niveaux observés lors des crises récentes. Il reste cependant légèrement au-dessus du point bas atteint en 2023. Le gouvernement et la Banque de France surveillent de près cette évolution, qui pourrait influencer les décisions de politique économique à venir. La dégradation des anticipations sur l’emploi est particulièrement préoccupante, car elle pourrait freiner la consommation et, in fine, la reprise économique.