L'armée israélienne a annoncé mercredi 28 mai 2026 qu'une nouvelle partie du sud du Liban était désormais considérée comme une zone de combat, ordonnant aux habitants de se déplacer vers le nord. Dans un message publié sur le réseau social X, un porte-parole militaire a précisé que « toutes les zones au sud du fleuve Zahrani sont considérées comme une zone de combat » et que l'armée agirait « avec une grande force » contre le Hezbollah dans ce secteur.

Le fleuve Zahrani coule d'est en ouest à environ 40 kilomètres au nord de la frontière entre Israël et le Liban. La zone désormais visée couvre environ 2 000 kilomètres carrés. Jusqu'à présent, l'armée israélienne avait ordonné l'évacuation des localités situées au sud du fleuve Litani, plus proche de la frontière, et avait émis des ordres individuels pour plusieurs dizaines de villes entre le Litani et le Zahrani. C'est la première fois que l'évacuation de l'ensemble de la zone au sud du Zahrani est ordonnée.

Les déplacements de population s'accélèrent

Selon des sources de sécurité libanaises, les habitants fuient vers le nord, notamment vers la ville portuaire de Sidon, qui accueille déjà des milliers de personnes déplacées d'autres régions du sud du Liban. Ces nouvelles évacuations interviennent alors que les musulmans du Liban célèbrent l'Aïd al-Adha. Plus de 1,2 million de Libanais ont été déplacés depuis le 2 mars 2026, date à laquelle le Hezbollah a ouvert le feu sur Israël en signe de soutien à son allié iranien.

Les frappes israéliennes se sont intensifiées : plus de 120 raids ont été menés mardi 27 mai contre le sud et l'est du pays, malgré la trêve annoncée le 16 avril. Depuis le début de l'escalade début mars, les bombardements ont tué plus de 3 200 personnes au Liban, selon le ministère libanais de la Santé. L'Organisation mondiale de la santé a indiqué qu'au moins 608 personnes avaient été tuées depuis le cessez-le-feu.

Côté israélien, des pertes également

L'armée israélienne a déclaré que dix de ses soldats avaient été tués depuis le cessez-le-feu du 16 avril, dont six par des drones explosifs du Hezbollah. Les opérations terrestres israéliennes se sont étendues au-delà de la zone de sécurité occupée par ses troupes, sans précision sur l'avancée au-delà de la « ligne jaune ».

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a affirmé mardi qu'Israël devait intensifier ses actions au Liban pour protéger les communautés du nord d'Israël des attaques du Hezbollah.

Beyrouth épargnée, mais sous surveillance

La capitale libanaise Beyrouth n'a pas été visée par de nouvelles frappes, mais des drones de surveillance israéliens survolent quotidiennement la ville, et un avion de combat a été entendu survoler à basse altitude mercredi, selon des témoins. Trois hauts responsables israéliens ont expliqué qu'Israël estimait disposer d'une liberté d'action dans le sud du Liban, mais moins à Beyrouth. Ils ont indiqué que le pays ne voulait pas être perçu comme faisant échouer un éventuel accord mené par le président américain Donald Trump avec l'Iran en détruisant des immeubles dans la capitale libanaise.