Les autorités israéliennes ont de nouveau intercepté une partie de la flottille humanitaire Global Sumud, qui tentait de briser le blocus imposé à la bande de Gaza. L'opération s'est déroulée lundi 18 mai dans les eaux internationales, au large de Chypre. Le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, a confirmé l'interception.
La cinquantaine de navires était partie de Turquie le 14 mai, avec à son bord des militants et de l'aide humanitaire destinée à la population gazaouie, confrontée à de graves pénuries, notamment d'eau potable. Selon les organisateurs de la flottille, une dizaine de bateaux seraient encore en route, mardi 19 mai. Un militant interrogé par la télévision turque a déclaré n'avoir « eu d'autre choix que de (…) se rendre pacifiquement sans opposer de résistance », précisant : « Nous n'allons pas là-bas pour nous battre ou commettre des actes de violence. »
Israël a justifié son action en qualifiant la flottille de « provocation » destinée à « servir le Hamas ». La Turquie a immédiatement condamné l'opération, y voyant un « nouvel acte de piraterie ». La rapporteuse spéciale des Nations unies pour les territoires palestiniens, Francesca Albanese, a également dénoncé cette interception. Stephen Bowen, directeur exécutif d'Amnesty International Irlande, a pour sa part exhorté Tel Aviv à « arrêter le génocide, pas la flottille ».
Troisième interception en moins d'un an
Il s'agit de la troisième fois en moins d'un an que la flottille Global Sumud est interceptée par l'armée israélienne. Une première expédition avait été empêchée à l'automne 2025, et une seconde avait été arraisonnée le 1er mai 2026. Lors de cette dernière, quinze militants français figuraient parmi les personnes interceptées. En octobre 2025, une autre flottille, la Thousand Madleens, avait également été empêchée de ravitailler Gaza.
Des militants interceptés victimes de mauvais traitements
Les militants arrêtés lors des précédentes interceptions ont fait l'objet de mauvais traitements de la part de l'armée israélienne. Amnesty International a dénoncé des privations de sommeil, le refus de donner de l'eau potable et de prodiguer des soins médicaux, ainsi que des accusations d'actes de torture. L'organisation a également exprimé ses craintes pour les 175 militants détenus arbitrairement.
La flottille Global Sumud affirme agir pacifiquement pour attirer l'attention sur la situation humanitaire à Gaza et contraindre Israël à lever le blocus qui, selon les organisations de défense des droits humains, aggrave une crise déjà catastrophique.