Un aveu personnel et spirituel

« Juste après Dieu, il y a papa. » C’est par cette phrase, à la fois simple et lourde de sens, que l’écrivain et académicien français Éric-Emmanuel Schmitt a rendu hommage à Wolfgang Amadeus Mozart. La déclaration, rapportée par un média audiovisuel, a été prononcée à l’occasion d’une évocation de l’œuvre et de la figure du compositeur autrichien, dont le nom reste associé à un génie précoce et à une production musicale d’une richesse inégalée.

Pour Schmitt, Mozart n’est pas seulement un musicien ; il incarne une présence quasi paternelle. L’écrivain, qui a souvent exploré les thèmes de la spiritualité et de la filiation dans ses romans et pièces de théâtre, place ici le compositeur au deuxième rang dans sa hiérarchie personnelle, immédiatement après Dieu. Cette formule ne relève pas de la simple métaphore : elle traduit une dévotion intime, une reconnaissance de dette envers celui dont la musique a, selon ses propres mots, éclairé et façonné son existence.

Un lien ancien et fécond

L’attachement d’Éric-Emmanuel Schmitt à Mozart n’est pas nouveau. L’auteur de « Monsieur Ibrahim et les fleurs du Coran » et du « Cycle de l’Invisible » a souvent confié que la musique du maître de Salzbourg était pour lui une source d’inspiration et de réconfort. Il a même écrit un texte intitulé « Mozart », publié chez Bayard, dans lequel il analyse l’impact de la musique du compositeur sur sa propre sensibilité. Dans cet ouvrage, il explique comment les sonates, les symphonies et les opéras de Mozart lui ont appris à conjuguer légèreté et profondeur, joie et mélancolie.

La phrase « Juste après Dieu, il y a papa » pourrait être le condensé de cette relation. Le terme « papa » – emprunté à la correspondance de Mozart lui-même avec son père Léopold – renvoie ici à une figure protectrice et bienveillante. Schmitt semble ainsi superposer les figures paternelles : celle de Léopold, qui fut le premier éducateur et le premier public de Wolfgang, et celle d’un « père spirituel » que le compositeur serait pour l’écrivain.

Mozart, figure tutélaire

L’hommage intervient alors que la programmation culturelle française accorde une place importante à Mozart, notamment lors de festivals d’été ou de cycles de concerts. La déclaration de Schmitt rappelle que le compositeur, mort en 1791 à l’âge de 35 ans, continue d’habiter les imaginaires contemporains bien au-delà du cercle des mélomanes. Écrivains, philosophes et artistes voient en lui un modèle de créativité fulgurante et de liberté.

En choisissant un vocabulaire aussi intime, Éric-Emmanuel Schmitt invite son public à considérer Mozart non comme un monument poussiéreux, mais comme une présence vivante, capable de parler à chacun. Sa phrase, presque une profession de foi, a été largement reprise et commentée sur les réseaux sociaux et dans les médias, suscitant des réactions partagées entre émotion et admiration.

Une déclaration qui résonne

Ce type de déclaration n’est pas rare chez Schmitt, qui assume sans complexe une spiritualité ouverte, teintée de catholicisme et de philosophie. En mêlant Dieu et Mozart, il réaffirme sa conviction que l’art est un chemin vers l’absolu. « Juste après Dieu, il y a papa » : derrière la formule lapidaire se cache toute une esthétique de la gratitude et de la filiation.

L’académicien, qui partage sa vie entre la France et la Belgique, continue de porter la musique de Mozart sur toutes les scènes où il intervient. Sa phrase restera sans doute comme l’une des plus personnelles jamais prononcées sur le compositeur.