Une victoire écrasante pour Paxton
Ken Paxton, procureur général du Texas et figure de proue de l’aile conservatrice du Parti républicain, a remporté haut la main la primaire républicaine du 26 mai 2026. Il bat ainsi le sénateur sortant John Cornyn, une figure établie de la politique texane, qui devient le premier sénateur républicain du Texas à perdre sa réélection lors d’une primaire. Ce résultat constitue un tournant dans la vie politique de l’État et un nouveau test de l’influence de Donald Trump au sein du parti.
Les résultats
Dès l’annonce des premiers dépouillements, Ken Paxton a pris une avance confortable sur John Cornyn. La projection de sa victoire a été confirmée par les autorités électorales locales et les deux principaux médias nationaux, alors que plus de 80 % des bulletins étaient comptabilisés. Paxton a bénéficié d’une mobilisation massive des électeurs de la base trumpiste, qui ont plébiscité son discours anti-establishment et sa défense sans compromis des positions conservatrices. Cornyn, pour sa part, a reconnu sa défaite et appelé à l’unité du parti pour affronter l’élection générale de novembre.
Un duel fratricide
La course a été l’une des plus suivies de la saison des primaires américaines, symbolisant la lutte entre l’aile modérée et l’aile radicale du Parti républicain. Ken Paxton, 63 ans, est un habitué des controverses : il a été acquitté lors d’un procès en destitution en 2023 pour corruption et abus de pouvoir, et fait toujours l’objet de poursuites fédérales pour fraude en valeurs mobilières. Sa campagne s’est appuyée sur le soutien de Donald Trump, qui a enregistré des messages téléphoniques pour lui et l’a qualifié de « combattant acharné pour le peuple texan ». John Cornyn, 74 ans, sénateur depuis 2002 et proche de la direction républicaine à Washington, a tenté de se présenter comme un législateur efficace, capable de travailler avec les démocrates, mais n’a pas réussi à mobiliser suffisamment pour contrer la vague populiste.
Les enjeux nationaux
Cette primaire est perçue comme un indicateur de la capacité de Donald Trump à peser sur les nominations républicaines, même en dehors de sa propre campagne présidentielle. Le chef de l’État, qui n’est pas candidat à la présidence cette année, a multiplié les endorsements et les interventions dans des courses locales, consolidant son emprise sur le parti. Pour les analystes, la défaite de Cornyn montre que l’aile trumpiste est désormais majoritaire dans l’électorat républicain texan, et que toute candidature perçue comme trop « washingtonienne » est menacée. Le résultat pourrait aussi influencer d’autres primaires à venir, notamment dans les États voisins.
La suite de la campagne
Ken Paxton affrontera désormais le candidat démocrate lors de l’élection générale du 3 novembre. Le Texas est traditionnellement un bastion républicain, mais les démocrates espèrent capitaliser sur les divisions internes du GOP et sur des changements démographiques dans l’État. Paxton devra toutefois surmonter ses propres fragilités juridiques, plusieurs procédures étant toujours en cours contre lui. Son entourage assure qu’il mènera une campagne centrée sur les thèmes de la sécurité, de l’immigration et de l’éducation, des priorités qui correspondent à la base conservatrice.
Les réactions
Dans son discours de victoire, Ken Paxton a remercié les électeurs pour leur confiance et promis de « défendre le Texas contre l’agenda progressiste de Washington ». Il a rendu hommage à Donald Trump, le qualifiant de « grand ami du Texas ». De son côté, John Cornyn a exprimé sa déception mais a appelé à soutenir le vainqueur de la primaire « pour que le Texas reste un État républicain ». La campagne démocrate s’est félicitée de ce résultat, estimant que Paxton serait « plus facile à battre » en raison de ses scandales.
Leçons pour 2026
Cette primaire confirme que la politique américaine reste profondément polarisée et que la loyauté à Donald Trump demeure un facteur déterminant pour les candidats républicains. Elle montre aussi que les sortants ne sont plus à l’abri d’une contestation venue de leur propre camp, même après des décennies de service. Pour Ken Paxton, la voie est désormais tracée vers une élection générale qui s’annonce serrée, mais il part avec une avance certaine dans un État où les républicains l’emportent systématiquement depuis les années 1990.