À Kostiantynivka, dans l'oblast de Donetsk, la guerre a tout emporté. Cette ville d'environ 67 000 habitants avant le conflit n'en compte plus que quelque 2 000, selon les estimations de janvier. Les bombardements russes en ont fait une priorité stratégique, un point que les forces ukrainiennes se sont acharnées à défendre. Aujourd'hui, elle n'a plus ni électricité, ni gaz, ni eau courante, ni chauffage, et peu d'abris intacts ou de nourriture.

Une mission à haut risque

Les équipes de secours, notamment celles de l'organisation humanitaire Proliska soutenue par l'ONU, mènent des opérations d'évacuation régulières. Armées de listes de personnes ayant indiqué être prêtes à partir, elles sillonnent les rues jonchées de décombres et criblées de cratères. « Se rendre à Kostiantynivka, c'est comme jouer à la roulette russe », témoigne Evgeny Tkachev, un travailleur humanitaire de Proliska.

Les secouristes appellent aussi depuis les fenêtres et les balcons, criant « évacuation », pour tenter de convaincre les traînards, pour la plupart âgés et malades, que leur vie ici est finie, qu'ils doivent prendre leurs affaires essentielles et partir. Lors d'une récente mission, ils ont transporté une femme handicapée et son fauteuil roulant jusqu'à une camionnette.

Une menace permanente venue du ciel

Le bourdonnement des drones est omniprésent. Ces appareils représentent une menace mortelle, faisant de tout ce qui bouge une cible. Les soldats ukrainiens tentent de les abattre, mais le danger reste constant. Les véhicules calcinés bordent les routes, ainsi que des filets de camouflage aujourd'hui déchirés, censés protéger des attaques de drones.

Les travailleurs humanitaires risquent leur vie à chaque déplacement pour évacuer les derniers civils vivant sur la ligne de front. Comme d'autres localités le long du front, Kostiantynivka n'est plus une ville que de nom. Ses bâtiments sont en ruine, et la plupart de ses habitants ont fui.