L'Australie a confirmé le premier décès par diphtérie sur son sol depuis 2018, alors que le pays fait face à l'épidémie la plus importante depuis des décennies. Les résultats d'une autopsie réalisée par un laboratoire étranger ont établi que la diphtérie était la cause du décès d'un homme survenu en avril à l'hôpital Royal Darwin. L'annonce a été faite mardi par le ministre de la Santé du Territoire du Nord, Steve Edgington.

Cette année, 245 cas de diphtérie ont été recensés, ce qui constitue la plus forte vague depuis 1991, selon les autorités sanitaires. L'épidémie touche principalement les communautés autochtones isolées. Soixante pour cent des cas sont concentrés dans le Territoire du Nord, suivi de l'Australie-Occidentale avec environ 36 % des cas. Quelques cas ont également été signalés en Australie-Méridionale et dans le Queensland. En mars, le Territoire du Nord avait déclaré une épidémie, avant même que l'Australie-Occidentale ne confirme deux cas de diphtérie respiratoire, les premiers dans cet État depuis plus de cinquante ans.

Face à cette situation, les autorités sanitaires ont renforcé les campagnes de vaccination dans les zones les plus exposées. Depuis le 30 mars, plus de 10 400 vaccinations ont été administrées. Des cliniques mobiles ont été installées à Darwin, Katherine et Alice Springs pour sensibiliser la population et faciliter l'accès aux vaccins. Le ministre Edgington a déclaré : « Notre gouvernement a pris cette situation très au sérieux, et nous travaillons dur pour comprendre les causes et contenir la situation. »

La semaine dernière, le médecin-chef d'Australie, le professeur Michael Kidd, a qualifié la diphtérie d'incident de santé publique d'importance nationale. Le gouvernement fédéral a débloqué une enveloppe de 7,2 millions de dollars australiens pour renforcer les moyens de vaccination et les ressources dans les régions touchées.

La diphtérie se présente sous deux formes : respiratoire et cutanée. La forme respiratoire débute souvent par de la fièvre et des frissons, suivis d'un mal de gorge pouvant entraîner des difficultés respiratoires et de déglutition, et peut être mortelle. La forme cutanée provoque des ulcères ou des plaies infectées qui cicatrisent lentement, mais elle est rarement grave. Les deux formes sont évitables par la vaccination, qui comprend cinq doses administrées entre l'âge de deux mois et quatre ans, avec un rappel entre douze et treize ans.

Les autorités sanitaires exhortent les communautés concernées à mettre à jour leur vaccination, en particulier les adolescents et les adultes qui doivent recevoir des doses de rappel. Entre janvier 2024 et mai 2025, le Territoire du Nord a signalé 163 cas, dont 48 cas respiratoires et 115 cas cutanés, ces derniers se transmettant par contact cutané. L'épidémie semble toutefois marquer un ralentissement : les autorités ont indiqué que le nombre de nouveaux cas diminuait ces derniers jours.