Selon une analyse récente, la première encyclique du pape Léon XIV, intitulée « Humanitas » (Humanité), aurait été en partie rédigée par une intelligence artificielle. L'étude, qui s'appuie sur des méthodes de détection statistique et stylométrique, affirme que plusieurs passages du document pontifical présenteraient des caractéristiques propres aux textes générés par un grand modèle de langage (LLM), possiblement Claude, développé par la société Anthropic.

Des similitudes stylistiques relevées

L'analyse indique que certains segments de l'encyclique, notamment dans les sections traitant de sujets techniques ou de l'éthique des technologies, montreraient une « fluidité anormale » et un « manque de variations stylistiques » typique des productions humaines. Les chercheurs à l'origine de cette étude ont comparé la prose de l'encyclique avec des échantillons connus de textes générés par Claude, et auraient identifié des « similarités frappantes » dans le choix lexical, la structure des phrases et l'usage de transitions logiques.

Le document pontifical, rendu public le mois dernier, aborde des thèmes contemporains comme l'intelligence artificielle, la guerre, la crise écologique et la dignité humaine. C'est dans les chapitres consacrés à l'IA et à la technologie que les supposées traces d'une rédaction automatisée seraient les plus flagrantes, selon les auteurs de l'analyse.

Aucune confirmation officielle

Pour l'heure, ni le Vatican ni le pape Léon XIV n'ont commenté ces allégations. Le Saint-Siège n'a pas confirmé l'usage d'une intelligence artificielle dans la rédaction de l'encyclique, et aucune communication officielle n'a évoqué le recours à de tels outils. Il n'existe pas non plus de preuve directe, comme des courriels internes ou des témoignages de rédacteurs, qui viendrait étayer cette thèse.

Des experts en stylométrie interrogés de manière informelle rappellent que les méthodes de détection automatique de contenu généré par IA sont encore perfectibles et peuvent produire des faux positifs. Ils soulignent que des textes très édités, traduits ou relus par plusieurs personnes peuvent également présenter des régularités stylistiques inhabituelles.

Un précédent dans l'Église

Si l'information se confirmait, il s'agirait d'une première dans l'histoire de l'Église catholique. Aucun document pontifical majeur n'aurait jusqu'à présent été associé à une rédaction assistée par intelligence artificielle. L'encyclique « Humanitas » est le premier texte magistral du pape Léon XIV, élu en 2025, et son contenu avait été largement salué par certains commentateurs pour sa modernité et sa compréhension des enjeux numériques.

Certains théologiens et canonistes estiment que l'usage d'une IA pour la rédaction d'un document doctrinal ne poserait pas nécessairement un problème de fond, tant que le pape en approuve le contenu final et en assume la paternité intellectuelle. D'autres, en revanche, jugent que cela pourrait soulever des questions sur l'authenticité de l'inspiration et de l'autorité du texte.

Des implications pour le débat sur l'IA

Cette affaire intervient alors que l'Église catholique s'est elle-même saisie des questions éthiques liées à l'intelligence artificielle. Le Vatican a organisé plusieurs conférences sur le sujet et le pape Léon XIV avait, avant son élection, écrit sur la nécessité de réguler ces technologies. La possibilité qu'une IA ait contribué à la rédaction de l'encyclique pourrait être perçue comme un paradoxe, tout en illustrant, selon certains, une forme cohérente d'incarnation des outils modernes dans la vie ecclésiastique.

Pour l'heure, aucune enquête n'a été ouverte par le Saint-Siège. Les auteurs de l'analyse précisent que leurs travaux sont préliminaires et appellent à une transparence accrue de la part du Vatican sur les méthodes de rédaction des documents officiels. Ils estiment qu'il revient à l'Église de clarifier si, et dans quelle mesure, des outils d'intelligence artificielle ont été utilisés.

Conclusion

L'absence de réaction officielle laisse le champ à toutes les interprétations. L'analyse, bien que non confirmée, a relancé le débat sur la place de l'IA dans les institutions traditionnelles, y compris les plus anciennes. Les prochains jours pourraient apporter des éléments de réponse, si le Vatican décide de s'exprimer sur le sujet.