Une zone humide à sec
À Quilicura, dans la banlieue nord de Santiago, l’un des plus grands marais du Chili est en train de disparaître. Rodrigo Vallejos, étudiant en droit en dernière année, a observé le changement il y a cinq ans. « Ce que vous voyez ici, c’est une zone humide sans eau », témoigne-t-il. Classé partiellement protégé, ce site de 468,4 hectares était autrefois un véritable réservoir de biodiversité alimenté par les eaux de la cordillère des Andes. Aujourd’hui, l’herbe jaunie a remplacé les nappes d’eau.
Un boom numérique gourmand en eau
Cette dégradation coïncide avec l’expansion rapide des centres de données au Chili. Le pays se positionne comme le prochain pôle technologique d’Amérique latine, attirant des géants comme Google. Le datacentre de Google à Quilicura, inauguré en 2015, demeure le plus important du groupe en Amérique latine. Ces infrastructures nécessitent d’énormes volumes d’eau pour le refroidissement des serveurs, ce qui aggrave la pression sur des ressources hydriques déjà dramatiquement réduites par la méga-sécheresse que subit le Chili.
Des communautés en résistance
Face à cette situation, des habitants et des associations environnementales locales multiplient les actions de contestation. Ils dénoncent l’accaparement de l’eau par les entreprises technologiques alors que des quartiers entiers subissent des restrictions d’approvisionnement. Pour eux, la promesse de développement économique ne compense pas la perte irréversible d’écosystèmes essentiels. Le cas de Quilicura illustre un conflit qui s’amplifie à travers le pays, entre ambitions numériques et urgence climatique.